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Bienvenue sur Homininés

Bienvenue sur le site Homininés.

 

Son but est de présenter les Homininés, c'est-à-dire les membres de la lignée humaine : vous saurez tout sur eux mais également sur ces Hommes modernes actuels à l'origine de leur découverte : les paléo-anthropologues (tels que Raymond Dart, Robert Broom, la famille Leakey...).
Enfin, suivez ici les petites histoires de l'Homme qui ont fait la grande avec la BD Ecce Homo.
Les 5 dernières nouvelles

nouvelles/castanet_petit.jpgDatation de l'Abri Castanet - par Christophe Defrance le 17/05/2012 @ 10:42

Les plus anciennes traces d'art pariétal. L'Abri Castanet - découvert en 1911 -  est situé à Castel Merle, dans le Périgord noir (Dordogne) : il s'agit d'un abri sous roche d'une surface de 250 à 300 m2 qui servait d'habitat à un groupe qui pourrait avoir totalisé jusqu'à 300 habitants et qui est connu pour la richesse de ses vestiges dont de nombreuses représentations symboliques parmi les plus vieilles d'Eurasie. Des fouilles menées par une équipe internationale depuis plus de quinze ans ont mis à jour en 2007 un bloc de calcaire de 1500 kilogrammes, qui faisait partie de la voûte et qui s'est effondré. Ce bloc est décoré de nombreuses gravures (figures géométriques, animaux, vulves) teintées d'ocre. Ll’analyse géologique et contextuelle de ce bloc rocheux ai permis de dater cet effondrement à environ 37 000 ans et d’établir qu’il se situait à environ 2 m de hauteur, à portée de main des Aurignaciens qui occupaient le lieu à l’époque : il s'agit donc du plus ancien élément d'art pariétal connu (publié dans PNAS du 14/05/2012).

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La datation au radiocarbone avait permis de déterminer l'âge des artefacts trouvés sur le sol (parures en dents d'animaux et de coquillages provenant de la Méditerranée ou de l'Atlantique, perles d'ivoire provenant de défenses de Mammouth) : 37000 ans. L'étude géologique a démontré que la surface décorée du bloc décoré était en contact direct avec la surface archéologique sur laquelle il s'est effondré (absence de sédimentation) : ce sont donc bien les occupants de l'abri qui ont décoré le plafond. Les gravures murales de l'abri Castanet sont donc plus anciennes que les représentations de la grotte Chauvet (qui n'était pas un lieu d'habitation mais plutôt un "sanctuaire") et traduisent l'art du quotidien, sorte de "décorations d'intérieur" de l'endroit où vivaient ces artistes aurignaciens.



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australo/taung/cerveau_accouchement.jpgCerveau des Australopithèques et accouchement - par Christophe Defrance le 12/05/2012 @ 10:51

Structure du crâne, accouchement et développement cérébral chez les Australopithèques. Une équipe de scientifiques de l'Université de Floride dirigée par Dean Folk, aidée de chercheurs de l'Université de Zurich, a comparé chez différents Hominidés (grands singes, Australopithèques, Homo archaïques et modernes) l'évolution de la suture métopique : cette segmentation de l'os frontal du foetus jusqu'après la naissance permet l'accouchement de bébés aux crânes - et donc aux cerveaux - volumineux mais malléables. La persistance de cet avantage évolutif peut être mise en relation avec la taille du cerveau chez l'adulte et le type de bipédie pratiquée.

taung_tomographie.jpg

Tomographie du crânede l'enfant de Taung

La pièce maîtresse de l'étude est le crâne de l'
enfant de Taung - découvert en 1924 en Afrique du Sud par Raymond Dart. Ce jeune Australopithecus africanus était âgé d'environ 4 ans : il est composé d'une face, d'une mâchoire inférieure et d'un moulage endocrânien naturel fait de débris rocheux et qui a pu être reconstitué par tomographie informatisée. Il est possible d'observer la suture entre les os crâniens sur ce spécimen. L'analyse de ce crâne et celle de plusieurs centaines de Chimpanzés et Bonobos, de plus de 1000 hommes modernes et de 62 formes fossiles d'australopithèques, Homo erectus et Homo neandertalensis a permis de mettre en évidence que, chez les grands singes, la suture métopique se ferme (l’os frontal se soude en un bloc) très peu de temps après la naissance, tandis que chez l'enfant de Taung et les autres homininés étudiés, cette soudure commence seulement après l'éruption des premières molaires, vers 2 ans, remontant chez l'homme actuel de la racine du nez vers la fontanelle (comme une fermeture éclair qui se ferme), pour s’achever vers l’âge de 6 ans (résultats publiés dans PNAS du 7 mai 2012).

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Comparaison des sutures métopique chez le Chimpanzé et l'Homme
 

Pour les chercheurs, les pressions sélectives favorisant cette fusion retardée chez les Homininés pourraient résulter de trois aspects :
  • la difficulté de donner naissance à des bébés à grosse tête au travers de canaux de naissance reconfigurés par la bipédie (modifications de la structure du bassin) ;
  • le fort taux de croissance post-natale précoce du cerveau ;
  • le réorganisation et l'expansion du néocortex frontal.
Pour résumer, ces données indiquent que l'évolution du cerveau des Homininés s'est produite dans un réseau complexe de contraintes foetalo-pelviennes qui a nécessité une modification des modes d'ossification neuro-crânienne frontale. Cette évolution est compatible avec un accouchement facilité et un fort taux de développement cérébral. Il convient cependant de tenir compte de la variabilité de l'âge de la fermeture de la suture métopique et de confirmer chez d'autres fossiles que l'enfant de Taung ou à partir d'autres indicateurs (comme la soudure de la fontanelle) pour avoir de certitudes chez les Australopithèques.

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culture/chauvet/chauvet_petit.jpgDatation des peintures de la grotte Chauvet - par Christophe Defrance le 12/05/2012 @ 09:46

Datation des éboulements qui bouchent l'entrée de la grotte Chauvet. La grotte Chauvet (Ardèche) est l'une des plus riche pour l'art pariétal. Les peintures rupestres avaient été datées indirectement par la méthode du radiocarbone (utilisée sur les débris de charbon de bois trouvés sur le sol) et par principe d'identité paléontologique (ossements fossilisés d'animaux présents) : les plus anciennes correspondent à l'Aurignacien (environ - 31 000 ans). L'âge des peintures était cependant controversé car le style et les techniques utilisés sont proches de ceux utilisés dans d'autres sites bien plus récents et correspondant au Magdalénien (de - 17 000 à - 11 000 ans).
Lors de sa découverte en 1994, la grotte Chauvet était obstruée par des éboulis de la corniche qui la surplombe et qui interdisaient l'entrée du site. Ce sont ces éboulement qui viennent d'être datés par une équipe dirigée par Benjamin Sadier (Laboratoire Environnements, Dynamiques et Territoires de la montagne, Université de Savoie - CNRS)  aidée par le Centre de Recherche et d'Enseignement de Géosciences de l'Environnement (Cerege, Aix-en-Provence) : des analyses géomorphologiques et la datation de la falaise restée en place au Chlore 36 ont permis de savoir depuis combien de temps ce pan rocheux est exposé à la lumière suite à l'éboulement. Leurs résultats indiquent que plusieurs effondrements sont survenus entre - 29 000 et - 21 000 ans (publié dans
PNAS du 7 mai 2012
); L'intérieur de la grotte était bloqué depuis au moins 21 000 ans ce qui la rendait inaccessible aux magdaléniens : l'argument stylistique et technique n'est donc plus recevable. Les datations radiochronologiques sont cohérentes : elles montrent une occupation aurignacienne de - 32 000 à - 29 000 ans puis une occupation gravettienne de - 27 000 à - 24 500 ans. Aucune ne relève d'élément postérieur à - 21 000 ans établis comme date limite de l'éboulement. Les peintures rupestre de la grotte Chauvet seraient donc bien les plus anciennes du monde !
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nouvelles/spyrou_petit.jpgPrésentation de Spyrou - par Christophe Defrance le 15/01/2012 @ 11:49

La reconstitution de l'Homme de Spy. Il s'appelle Spyrou, et sa reconstitution a été réalisée à partir des mesures précises du squelette presque complet de l'individu dénommé « Spy II ». Dans une démarche scientifique inédite, l'Institut Royal des Sciences Naturelles de Belgique, conservateur des ossements, a collaboré avec le LABO de l'Université Libre de Bruxelles pour réaliser une reconstruction virtuelle en trois dimensions du squelette. Ce travail a permis l'impression en trois dimensions du squelette complet par le Centre collectif de l'Industrie technologique belge (Sirris). Chaque ossement a été imprimé en résine de polyamide.Une première série d'ossements a été remontée par l'IRSNB afin de fournir un squelette complet et articulé du Néandertalien Spy II à l'Espace de l'Homme de Spy et une seconde a servi de base à la reconstitution de "Spyrou" par les frères Kennis.

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Les Hommes de Spy sont les plus célèbres hommes fossiles de Belgique : découverts en 1886, à une époque où l'on ignorait tout des origines de l'homme (le squelette de Neandertal a été découvert en 1856), les découvertes ont permis de confirmer que les hommes fossiles différents de l'homme moderne avaient bien existé. Datés de - 40 000 ans environ, ils sont bien conservés et permettent, encore aujourd'hui, de nouvelles découvertes scientifiques.

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culture/venus/villers_petit.jpgLa dame de Villers-Carbonnel - par Christophe Defrance le 11/12/2011 @ 15:59

Découverte d'une vénus du Néolithique à Villers-Carbonnel. Les archéologues de l’INRAP qui fouillent le tracé du canal Seine-Nord-Europe ont découvert une statuette de Vénus datant du Néolithique, baptisée la Dame de Villers-Carbonnel du nom de la commune où est situé le site, sur la rive gauche de la Somme. Les archéologues ont dégagé deux vastes enceintes appartenant à la culture chasséenne (environ 4300-3600 avant notre ère) : la plus ancienne définit un espace de 6 hectares environ, délimité par un fossé et une palissade et une seconde, plus vaste (supérieure à 15 hectares) comportant également une palissade et ponctuée sur l'extérieur de tronçons de fossés, qui abritait bâtiment, fossés, trous de poteau, fours... Ils ont d'abord retrouvé des fragments de la statuette dans un four dont la voûte de terre s’est effondrée, puis, après remontage des fragments, la statuette s’est révélée entière.

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Photo : D. Bossut (INRAP)

 

La statuette en pierre cuite, d'une hauteur de 21 cm, est modelée à partir d’une plaque d’argile rectangulaire. Ses hanches sont larges et accentuées ; les fesses proéminentes viennent amplifier le déséquilibre entre la partie inférieure du bassin et la taille étroite et fine. Les bras sont esquissés par deux bourrelets au niveau des épaules, mais ne sont pas réellement figurés, pas plus que les mains. Le sexe n’est pas représenté, mais les seins sont formés par l’ajout de deux petites boules de pâte légèrement étirées. La tête enfin, très stylisée et sans visage, est constituée d’un simple cône. Cette statuette féminine possède des lignes pures mais asymétriques, par exemple au niveau des seins et des jambes. Comme pour de nombreuses vénus préhistoriques
, la statuette est stylisée, avec une forte abstraction de la représentation du corps féminin, marquée par la largeur des hanches et les seins.
Le caractère exceptionnel de la découverte tient à la fois à l'intégrité de la statuette et de la rareté des figurations féminines retrouvées au Néolithique moyen.

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