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La grotte d'Altamira

Age : de - 15 500 à - 13 500 ans ( Magdalénien )

Localisation géographique : Santillana del Mar, près de Santander (Espagne)

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Découverte :

 

  • La grotte espagnole d’Altamira était connue depuis 1868 et Marcelino Sanz de Sautuola y effectuait des visites depuis 1876. Il avait remarqué la présence de dessins géométriques sur les parois sans y accorder d'importance. C'est sa fille Maria, alors âgée de huit ans, qui remarque la première la présence de « bœufs » dessinés au plafond en 1879.  Sanz de Sautuola effectue alors des fouilles plus approfondies et publie dès 1880 « Brèves notes sur quelques objets préhistoriques de la province de Santander ».

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Le plan de la grotte - Marcelino Sanz de Sautuola

  • La grotte d’Altamira est donc la première découverte d’un art pariétal important publiée. Elle a été l’objet d’une polémique : en effet, le réalisme des scènes représentées a fait douter de son authenticité, qui ne sera admise qu'après la mort de Sautuola, grâce aux découvertes semblables dans de nombreuses grottes européennes à la fin du XIX° siècle ( découverte de gravures et de peintures dans les grottes françaises de la Mouthe, des Combarelles et de Font-de-Gaume …). Le débat se déplaça alors sur la datation exacte des peintures, leur valeur artistique et archéologique.
  • Une série de datations directes des œuvres d'Altamira exécutées au charbon de bois a été réalisée grâce à la méthode du carbone 14 : elles correspondent au Magdalénien inférieur (entre 13 500 et 15 500 BP).

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Particularités :

  • La grotte d’Altamira est relativement petite (longueur de 270 mètres). Sa structure est relativement simple, composée d’une galerie aux rares ramifications. Trois zones peuvent être distinguées : la première, formée par un vaste vestibule, éclairée par la lumière du jour a été un lieu d’habitat privilégié ; la deuxième est une grande salle fameuse pour ses peintures polychromes ; enfin, le reste de la cavité est constitué de salles et de couloirs comportant également des manifestations artistiques moins spectaculaires.
  • L’aspect de la grande salle a beaucoup évolué depuis que Maria Sautuola l’a vu pour la première fois. Elle mesure toujours 18 mètres de long sur 9 mètres de large, mais sa hauteur originelle (entre 1,10 et 1,90 m) a été augmentée en abaissant le sol pour faciliter l’examen des peintures.
  • Au cours des années 1960 et 1970, les nombreux visiteurs de la grotte altérèrent son microclimat et mirent en péril la conservation même des peintures (problème similaire à celui de Lascaux). La fermeture de la grotte au public sera effective en 1977. Elle ne rouvre qu’en 1982, avec un nombre journalier de visiteurs strictement limité. Depuis 2001, le Museo nacional y centro de investigación de Altamira abrite la reproduction fidèle de la grotte, telle qu’elle était il y a 15 000 ans. Une autre reproduction des peintures peut être visitée dans une grotte artificielle réalisée au sein du Museo Arqueológico Nacional de España à Madrid.
  • En 1985, la grotte d’Altamira a été inscrite sur la liste du Patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO.

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Le plafond avec le bison recroquevillé

 Caractéristiques :

  • La grotte d’Altamira renferme l'un des ensembles pariétaux les plus importants de la Préhistoire. Son style artistique (l'art préhistorique franco-cantabrique) est caractérisé notamment par le réalisme des représentations et par ses thèmes animaliers. L’animal le plus représenté est le Bison des steppes. La composition en compte 16, variant par leurs dimensions, leurs postures et leurs techniques de réalisation. Ils sont accompagnés de chevaux, de cervidés, de deux sangliers (animal rare dans l’art paléolithique) ainsi que de différents signes dont des tectiformes.

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La grande biche - Un symbole tectiforme - Un cheval

  • Les œuvres montrent un réalisme anatomique, un volume, un mouvement ... grâce à l'utilisation des reliefs naturels du plafond de la grotte, des couleurs vives (polychromie rouge, noir, jaune, brun) qui couvrent les surfaces intérieures des animaux et aux techniques du dessin et de la gravure, qui délimitent les contours des sujets. 
  • Le « bison recroquevillé », réalisé sur l’un des ressauts du plafond, est l’une des peintures les plus expressives de toute la composition (l’artiste a placé l’image du bison, en le recroquevillant, en pliant ses pattes et en forçant la position de la tête vers le bas). La « grande biche » est le plus grand de tous les sujets représentés (2,25 m de long) avec une stylisation des extrémités des membres, des traits gravés avec fermeté et un modelé chromatique qui lui confèrent un grand réalisme. Sous son cou se trouve un petit bison au trait noir. Le « cheval ocre », situé à l’une des extrémités du plafond, a été interprété par H. Breuil comme l’un des sujets les plus anciens de la composition. Ce type de cheval est relativement fréquent sur toute la corniche cantabrique.

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Détail de la grande biche - Un sanglier

 

 

Christophe Defrance - Lycée de l'Escaut - Valenciennes

 


Date de création : 10/04/2008 ~ 11:16
Dernière modification : 11/04/2010 ~ 09:52
Catégorie : Paléo-anthropologie - Traces culturelles
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