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La maîtrise du Feu

Age : - 700 000 ans environ

Localisation géographique : Europe, Afrique, Asie

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Découverte :

  • La plus ancienne trace de foyer volontaire est située dans la grotte de l'Escale (Bouches-du-Rhône). Découverte en 1960 au cours des travaux menés par Électricité de France pour l'usine hydro-électrique de Saint-Estève Janson, elle contient des strates, correspondant à un épisode tempéré de la glaciation de Mindel (environ à - 700 000 ans), qui ont livré quelques rares pierres calcaires intentionnellement taillées et cinq à six emplacements de feux. Ils sont étendus, couvrant 2 à 4 m², et le sol, fortement rubéfié, et l'épaisseur des cendres attestent une combustion intense. Ils seraient l’œuvre des Homo erectus européens.
  • Certains préhistoriens contestent l’ancienneté de ces feux et même qu'ils aient été intentionnels et préfèrent utiliser le critère que représente l'aménagement d'un foyer pour affirmer la présence d'un feu volontaire dans un gisement. Les premières traces de feu entretenues sont datées de - 400 000 ans à Zhoukoudian en Chine. On y a retrouvé de nombreuses pièces en os et des pointes de bois de cerfs, toutes durcies au feu. Ces différents vestiges prouvent que les Sinanthopes ont maîtrisé et entretenu des foyers sur le site. Cela représente une hauteur totale de 6 mètres de cendres, en 4 couches superposées, qui contenaient des charbons, des pierres brûlées et même quelques ossements humains.
  • D'autres sites présentant des traces de foyers ont également été repertoriés, principalement en Europe : Vertesszöllös (Hongrie), Terra Amata (Nice - France), Lunel Viel (France), Achenheim (Bas Rhin) et à Ménez Drégan (Bretagne- France). D'une manière générale on estime que l'utilisation du feu s'est généralisée en Europe il y a environ - 400 000 ans. Ils seraient l’œuvre des Homo heidelbergensis.

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Campement d'Homo erectus - La panoplie pour faire du feu ( amadou, silex, marcassite et matière inflammable )

Particularités :

  • Le feu se prête mal à l’investigation archéologique. Si ses traces sont en général faciles à repérer, elles ne renseignent ni sur les opérations qui ont précédé la combustion elle-même (mode de préparation du foyer, allumage, etc.), ni sur celles qui ont motivé la combustion (usage technique ou alimentaire du feu, éclairage ou chauffage, etc.). Tous les gestes ont disparu, et seuls subsistent les témoins de combustion organiques (bois, os, herbes) ou minéraux (pierres, colorants) calcinés.
  • Le frottement rapide de deux baguettes de bois induit un échauffement suffisant pour porter à incandescence des matières sèches et facilement inflammables : mousses, étoupe, sciure, amadou, etc. Cet échauffement peut être obtenu par des mouvements de friction longitudinale, rotative, ou par sciage. Dans le cas de mouvements rotatifs, la vitesse peut être augmentée en utilisant une lanière de cuir ou un archet. Ces techniques sont efficaces et sûres, mais exigent un " coup de main " qui ne s’improvise pas.
  • Obtenir du feu en percutant deux pierres est en général plus difficile. Si l’on utilise deux silex, les petites étincelles arrachées doivent être immédiatement recueillies sur une matière première très inflammable. Il est plus aisé d’obtenir du feu en percutant un silex sur un minerai de fer, tel que la pyrite ou la chalcopyrite, toutes deux abondantes dans la nature.

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Amadou ( Champignon poussant sur les arbres ) - Percussion de silex sur marcassite

Caractéristiques :

Les usages du feu sont multiples :
  • Le feu comme source de lumière.
  • Le feu comme source de chaleur et d’énergie calorifique.
  • La cuisson des aliments : grillades, à même les braises ou sur des pierres chauffées, broches et brochettes, cuisson à l’étouffée, cuisson en fours de terre, etc. Il était même possible de faire bouillir des liquides, bien avant que la poterie ne fût utilisée, soit en plongeant des pierres brûlantes dans le liquide, soit en utilisant des récipients qui, humidifiés, résistent au feu : écorces, bambous, peaux ou panses de ruminants.
  • Les usages techniques du feu : Le feu a été utilisé dès le Paléolithique ancien pour fracturer des bois de cervidés ou faire éclater de gros blocs de pierre rebelles au débitage. Il sert à l’amélioration des qualités des matières premières travaillées : durcissement au feu de lances ou d’épieux de bois, modifications structurelles du silex, augmentation de l’élasticité de l’os et de l’ivoire (modification des formes), préparation des colorants (charbon de bois, tous les tons de brun, de rouge, d’orange et de jaune constitués d’ocres naturelles dont les nuances étaient modifiées par oxydation ou réduction sur un foyer) et plus récemment la transformation de l’argile en poterie, des silicates en verre, des minerais en métaux..

 

Christophe DEFRANCE - Lycée de l'Escaut - Valenciennes

 

 


Date de création : 17/10/2007 ~ 14:59
Dernière modification : 11/04/2010 ~ 09:48
Catégorie : Paléo-anthropologie - Traces culturelles
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