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culture/sepulture/al_petit.jpgUne tombe épipaléolithique en Jordanie - par Christophe_Defrance le 08/02/2011 ~ 18:07
Découverte de rites funéraires de l'Epipaléolithique. Le  site d'Uyun al-Hammam en Jordanie a été découvert en 2000 et étudié par Edward Banning (Université de Toronto au Canada) et Lisa Maher (Centre d'études sur l'évolution de l'Homme, Université de Cambridge). Il est localisé sur la terrasse d'une ancienne rivière dans la petite vallée de Wadi Ziqlab, un site archéologique déjà connu. Il est daté de 16 500 ans environ. Les premières tombes ont été ouvertes en 2005 et ont fourni de nombreuses informations sur la période Épipaléolithique (de - 23 000 à - 11 600 ans), la dernière phase de la Préhistoire, succédant au Paléolithique supérieur. Le site a livré les restes d'au moins 11 individus, ce qui en fait le plus vieux cimetière du Moyen Orient (les plus anciennes sépultures connues auparavant dans la région sont du Natoufien de -14 500 à -11 600 ans). Les résultats de l'étude - publiée dans PLoS One - de deux tombes adjacentes montrent des pratiques funéraires originales :
- dans la première, ils ont exhumés les restes d'un couple : le squelette de l'homme était plus ancien que celui de la femme. A ses cotés, les scientifiques ont découverts divers objets (outils de pierre, cuillère en os, restes de cervidés, de gazelles, de bovidés sauvages, ocre…) et un os de renard.
- Dans la seconde tombe, ils ont trouvé d'autres restes humains, appartenant au même homme, et le squelette du même renard. Le crâne de l'animal et l'humérus droit sont manquants mais les chercheurs ont pu déterminer qu'il s'agissait d'un renard roux. Pour une raison inconnue, ces 2 dépouilles ont donc été déplacées d'une tombe vers l'autre. Le déplacement et la position d'un corps dans une sépulture sont hautement symboliques, aussi l'équipe accorde-t-elle une grande importance au fait que le renard ait été déplacé avec l'homme, tandis que les objets funéraires sont restés au même endroit.

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Tombes I et VIII
 

Les auteurs envisagent l'hypothèse que le Renard a été tué et enterré avec son propriétaire, ce qui traduirait une tentative de domestication de cette espèce (qui a ensuite été abandonnée au profit du chien). D'autres hypothèses sont envisageables : une façon particulière de traiter des restes animaux dans une société de chasseurs-cueilleurs, des rapports particuliers entre un homme et un animal ... En tout cas, la découverte de ces pratiques funéraires humain-animal fournit des indices sur le développement de l'idée de la mort et sur les débuts de la domestication d'animaux ressemblant au chien.

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Tombes III, IV et VII (sans déplacement des squelettes) - Crâne du renard roux dans la tombe I (après reconstruction)   (Photos : PLos ONE)

hommesrecents/sapiens/petit.bmpL'évolution du cerveau d'Homo sapiens - par Christophe_Defrance le 29/01/2011 ~ 15:01
Les modifications de taille et de structure du cerveau de l'Homme moderne. Une équipe pluridisciplinaire composée d'Antoine Balzeau, (CNRS/ Muséum national d’histoire naturelle), Dominique Grimaud-Hervé (MNHN) ainsi que Benoît Combès et Sylvain Prima de l’INRIA (Institut national de recherche en informatique et automatique) a comparé les mesures de l'endocrâne d'Homo sapiens  actuels et fossiles. L'endocrâne est l'empreinte de l'intérieur du crâne : elle représente un négatif du volume ainsi que la vascularisation, du réseau méningé et des différentes zones du cerveau. Le crâne de Cro-Magnon a été scanné, son endocrâne a été reconstitué en trois dimensions. Il a ensuite été comparé à celui de 14 autres hommes sapiens fossiles (âgés d'environ 30 000 ans) et de 102 hommes actuels. Cette étude confirme d'un point de vue statistique ce que les paléo-anthropologues avaient déjà pu remarquer en étudiant les fossiles de manière isolée : le cerveau d'Homo sapiens évolue. Depuis 30 000 ans, son volume diminue et sa forme se modifie, ce qui prouve la plasticité anatomique du cerveau d'Homo sapiens mais aussi la complexité des relations entre volume, forme et capacités cognitives. 

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Comparaison de l'endocrâne de cro Magnon et d'Homo sapiens (A. Balzeau, MNHN-CNRS)


Le cerveau des hommes actuels est plus petit que celui de nos ancêtres : les résultats statistiques montrent une diminution du volume par rapport à celui de Cro Magnon, accompagnée de modifications des différentes parties : l'homme moderne a un cerveau plus court, plus bas, comprimé au niveau des lobes frontaux et occipitaux alors que les lobes temporaux et le cervelet se sont élargis. L’endocrâne s’est raccourci d’avant en arrière,-comme s’il s’était ramassé sur lui-même et légèrement aplati sur le dessus. On observe au final une diminution de 7% de longueur, de 3 à 4% de hauteur et de 4 à 5% de volume. Certains lobes ont rétréci, d’autres se sont allongés. Ces modifications ont favorisé la création de replis et de nouvelles connexions neuronales. 

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Animation récapitulant les modifications du cerveau des Homo sapiens au cours des 30.000 dernières années (Crédit Antoine Balzeau, Cnrs-Mnhn)

En violet, le lobe frontal (raisonnement, planification, régulation des émotions) raccourcit, diminuant de 6% en moyenne. En jaune, le lobe pariétal (perceptions sensorielles, intégration des signaux auditifs et visuels, mise en relation avec nos souvenirs) s’allonge. En rose le lobe temporal (distinction des tonalités et des sons, formation et remémoration des souvenirs) s’élargit. En vert, le lobe occipital -décodage de l’information visuelle- diminue de 8%. Le cervelet (régulation de la fonction motrice) gagne 5% en surface.

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Scanner 3D du crâne de Cro Magnon



Découverte d'outils de plus de 100 000 ans en Arabie - par Christophe_Defrance le 28/01/2011 ~ 18:01
Une nouvelle voie pour la sortie d'Afrique d'Homo sapiens ? La revue Science du 28/01/2011 (vol.331, n°6016) publie les résultats des travaux d'une équipe internationale de paléo-anthropologues dirigée par Hans-Peter Uerpmann (Université de Tübingen, Allemagne).  Menées sur le site du Djebel Faya, situé aux Emirats Arabes Unis à quelques dizaines de kilomètres du Golfe Persique et du détroit d’Ormuz, les recherches ont mis à jour des traces d’une occupation humaine sur plusieurs périodes, allant de l’âge des métaux, en passant par le Néolithique (période des premiers agriculteurs-éleveurs) et jusqu'au Paléolithique. Les strates les plus anciennes du Paléolithique, datées par luminescence stimulée optiquement, et qui recèlent de nombreux outils taillés, remontent entre 100.000 et 125.000 ans. Selon Uerpmann et ses collègues, les bifaces, grattoirs et perforateurs du Djebel Faya sont du même type que ceux fabriqués par les hommes modernes en Afrique de l’Est on peut donc légitimement les attribuer à Homo sapiens.

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Quelques outils du Paléolithique découverts sur le site (Image © Science/AAAS)


La présence d'Homo sapiens au Moyen-Orient est attestée par les sépultures découvertes à Skhul et Qafzeh (en Israël) datées d'environ 100.000 ans. La route de migration hors d'Afrique –d'où serait originaire la population ancestrale d'Homo sapiens il y a près de 200 000 ans- passerait le long des rives du Nil avant de suivre la côte vers l’Est. Cette découverte suggère qu'un autre chemin aurait été emprunté, plus au sud, depuis l’Est de l’Afrique via le détroit de Bab el-Mendeb, près de Djibouti. Profitant de périodes où le niveau de la mer était bas, des hommes auraient traversé la mer Rouge et gagné la péninsule arabique, qui n’était pas à cette période un désert aride mais une savane.

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Localisation du site de Djebel Faya (point rouge)  (Image © Science/AAAS)

Si ce scénario d’une migration par l’Arabie est plausible, l’identité des auteurs de cesoutils âgés d’une centaine de milliers d’années ne fait pas l’unanimité. Certains spécialistes remettent en question la parenté entre les outils de Faya et ceux des hommes modernes d’Afrique, demandant plus d’éléments avant d’affirmer que les artisans du djebel étaient bien des Homo sapiens.

hommesrecents/sapiens/qessem_petit.bmpDes dents d'Homo sapiens de 400 000 ans ? - par Christophe_Defrance le 30/12/2010 ~ 20:50
Découverte de dents de type Homo sapiens de 400 000 ans en Israël. Les 8 dents ont été mises à jour dans la grotte de Qessem, à l'est de Tel Aviv. Les recherches, commencées en 2006, avaient déjà permis d'extraire une dent dans les plus vieilles strates, mais l'équipe de la mission archéologique dirigée par Avi Gopher (l'Institut d'études archéologiques de l'Université de Tel-Aviv) voulait trouver d'autres éléments avant de communiquer sa découverte. Les dents ont été retrouvées dispersées à travers toutes les couches de la grotte : certaines dans la partie profonde, c'est-à-dire à - 400 000 ans (âge déterminé à partir de l'analyse des stalagmites et stalactites, ainsi que d'autres matériaux découverts sur place), mais également à travers toutes les autres couches qui peuvent aller jusqu'à - 200 000 ans. Ces dents montrent des similitudes avec celles de Homo sapiens. Jusqu'à présent les plus anciens Homo sapiens retrouvés étaient datés de - 200 000 ans et se trouvaient tous en Afrique orientale (le plus ancien a été trouvé à Kibish Omo 1, en Ethiopie).

 
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Photos : Tel Aviv université / AFP
 
Tous les scientifiques ne partagent pas les conclusions de l'étude : l'une des dents au moins présente des caractères néandertaliens. De plus, des dents ne sont pas des indicateurs uniques suffisemment fiables pour déterminer une espèce d'Homininé, et seule une étude du crâne ou d'élements post-crâniens pourra préciser l'espèce d'Homo à laquelles elles appartiennent. Gopher demeure convaincu que son équipe finira par découvrir des crânes et des ossements, ce qui confirmera que les dents appartiennent bien à des Homo sapiens. Les fouilles se poursuivent et on attend donc avec impatience les futures découvertes permettant de déterminer avec certitude l'espèce à laquelle appartiennent ces dents..

hommesrecents/denisova/deniso-pt.jpgNouvelles analyses de l'ADN de l'Homme de Denisova - par Christophe_Defrance le 29/12/2010 ~ 11:03
Du nouveau sur les parentés de l'Homme de Denisova. En mars 2010 des chercheurs de l'Institut Max Planck de Leipzig (Allemagne) avaient analysé de l'ADN contenu dans l'os d’une phalange d'Homininé, découverte avec une dent dans la grotte de Denisova (sud de la Sibérie). Cet ADN se différenciait de celui des Néandertaliens et des Homo sapiens, ce qui avait amené à définir une nouvelle espèce : l'Homme de Denisova. La revue Nature du 23 décembre 2010 publie les résultats d'une équipe internationale de scientifiques - dont quelques-uns qui avaient déjà participé à la première publication : Svante Paabo (Institut Max Planck) et Richard Green (Université de Californie), entre autres - qui apportent de nouvelles précisions sur ces Homininés archaïques appartenant à la population des Denisoviens.
La phalange et la dent de l'Homme de Denisova montrent des différences morphologiques significatives avec celles de l'homme de Néandertal et d'Homo sapiens : en particulier, la dent, découverte dans la même grotte que l'os de doigt, ressemble davantage à celles d'Homo habilis et Homo erectus qu'à celle des Homininés plus récents. Ces deux restes fossiles appartiennent à deux individus de sexe féminin différents mais de la même espèce.

 
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La molaire de l'Homme de Denisova (profil et couronne) - Photo : David Reich et al., Nature

 
Le séquençage du génome de l'Homme de Denisova a permis de nouvelles découvertes surprenantes. En le comparant avec les génomes des Néandertaliens et des hommes modernes, les chercheurs ont déterminé que l'Homme de Denisova appartenait à un groupe frère de l'homme de Néandertal. Néandertaliens et Denisoviens descendraient donc d'une même population ancestrale qui se serait elle-même séparée plus tôt des ancêtres des hommes actuels. Les séquences d'ADN montrent des similitudes avec certains Mélanésiens actuels (entre 4 et 6%), ce qui suggère qu'il y a eu métissage entre Dénisoviens et les ancêtres des Mélanésiens. Le territoire de l'Homme de Denisova serait donc plus étendu et devait aller de la Sibérie au sud de l'Asie. Cette grande amplitude territoriale aurait dû permettre de trouver un plus grand nombres de fossiles de Denisoviens. Comme il n'en est rien les chercheurs suggèrent d'examiner plus attentivement les fossiles déjà trouvés dans cette région. Il est possible que des fossiles aient été mal affectés et soient en fait des Hommes de Denisova (comme l'Homme de Dali, découvert en Chine et daté de - 200 000 ans ?).
 
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Ces résultats permettent d'envisager un autre type de migration hors d'Afrique : Il y a 300 000 à 400 000 ans un groupe d'homininés ancestraux aurait quitté l'Afrique et aurait divergé assez rapidement en deux populations : une qui deviendra l'Homme de Néandertal et colonisera l'Europe vers l'ouest, l'autre qui migrera vers l'Est et deviendra l'Homme de Denisova. Par la suite (entre -70 000 et - 80 000 ans), Homo sapiens sort à son tour d'Afrique. Il va d'abord rencontrer les Néandertaliens avant de conquérir l’Europe (voir la nouvelle concernat le métissage sapiens / néandertalien) puis en se développant vers l'Est il va également se métisser avec l'Homme de Denisova.
 

hommesrecents/neandertal/cerveau_petit.jpgDu nouveau sur le cerveau de l'Homme de Neandertal - par Christophe_Defrance le 12/11/2010 ~ 18:13
Des développements cérébraux différents chez l'Homme de Neandertal et Homo sapiens. Dans une étude publiée dans la revue Current Biology du 09 novembre 2010, une équipe de paléontologues du département d'évolution humaine de l'Institut Max-Planck, à Leipzig (Allemagne), dirigée par P. Gunz, S Neubauer, B. Maureille et J.J. Hublin, vient de montrer qu'il y a, dans le développement du cerveau d'Homo sapiens, une phase spécifique que l'on ne retrouve pas chez Néandertal. La clé de ces travaux a été la reconstruction du crâne d’un nouveau-né néandertalien, découvert en 1914 par une équipe d'archéologues français près de Moustier en Dordogne. En l'analysant, au moyen de techniques sophistiquées d'analyse (scanner, rimagerie virtuelle en 3 dimensions), les scientifiques ont pu reconstituer le développement précoce du crâne chez les enfants néandertaliens : ils ont découvert que l'empreinte (ou endocrâne) laissée par leur cerveau à l'intérieur de la boîte crânienne est très proche de celle d'un bébé moderne, mais que la croissance s'effectue ensuite selon un mode plus primitif. Dans l'année qui suit la naissance, en effet, seul le cerveau du jeune Homo sapiens prend une forme globulaire caractéristique tandis que celui de Neandertal reste plus allongé (comme chez les autres ancêtres et cousins de l'homme dont le chimpanzé). La précocité de cette phase suggère qu'elle influe sur l'organisation neuronale et synaptique du cerveau en cours de croissance et que l’Homme de Neandertal avait sans doute des fonctions cognitives différentes des nôtres. Il ne devait probablement pas avoir la même perception du monde que nous.
 
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Les hommes de Néandertal qui ont colonisé l'Europe entre -400.000 et- 30.000 ans, avant d'être supplantés par les Homo sapiens, venus d'Afrique et du Moyen-Orient, ne sont désormais plus considérés comme des brutes épaisses comme à l'époque de leur découverte. Ils sont désormais perçus comme des êtres intelligents, sensibles, pacifiques. Néandertal enterrait ses morts, vivait en groupes bien structurés, maîtrisait probablement le langage, portait peut-être même des peintures corporelles… Le volume de son encéphale est même légèrement supérieur au notre.
Jean-Jacques Hublin et ses collègues rappellent que ce n'est pas parce que les hommes modernes et de Néandertal ont un cerveau de taille comparable que leurs capacités intellectuelles sont équivalentes. Plus que le volume de matière grise, c'est l'organisation interne du cerveau qui importe !

culture/oldovaien/dikika_petit.jpgDes outils pour Lucy ? - par Christophe_Defrance le 22/10/2010 ~ 18:58
Des traces indirectes d'utilisation d'outil par les Australopithèques. Deux os de mammifères découverts par une équipe de recherche dirigée par Zeresenay Alemseged, conservateur d'anthropologie à l'Académie des Sciences de Californie, dans des dépôts volcaniques à Dikika, dans le nord-est de l'Éthiopie, représentent la plus ancienne preuve connue de l'utilisation d'outils de pierre par des homininés. Les fossiles, un fémur de mammifère (une chèvre ou une antilope) et une côte d’un bovin (probablement un buffle) présentent des marques qui suggèrent que des outils de pierre ont été utilisés pour retirer la chair des os et extraire la moelle osseuse. Les résultats de leur datation, rapportés dans la revue Nature n°466, 857-860 (12 août 2010), démontrent que des homininés ont commencé à utiliser des outils il ya 3,4 millions d’années, soit 800 000 ans plus tôt que les plus anciens outils connus auparavant (trouvés à Gona et daté de -2,6 à -2,5 millions d'années). Selon l’auteur, les marques retrouvés sur les os pourraient être l’œuvre d’ Australopithecus afarensis, une des premières espèces d’homininés à laquelle appartiennent les fossiles «Lucy» et «Selam », un enfant de trois découvert en 2000 par la même équipe.


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Traces d'outils en pierre sur les fossiles DIK55-2, une côte d'ongulé, et DIK-55-3, un fémur de jeune bovidé

australo/kadanuumuu/kadanuumuu_petit.jpgDécouverte d'un nouvel australopithèque - par Christophe_Defrance le 26/06/2010 ~ 19:18
Le "grand père" de Lucy. Une équipe internationale de scientifiques vient de publier dans Proceedings of the National Academy of Science du 21/06/2010 ses premières analyses des ossements d'un Australopithecus afarensis nommé Kadanuumuu, découvert dans la région de l'Afar, en Ethiopie. De la même espèce que Lucy, il est plus grand et plus ancien de 400 000 ans puisque les os ont été datés de 3.58 millions d'années.
Lire l'article correspondant.

 
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Photo : Yohannes Haile-Selassie (PNAS)

culture/divers/chaussure_petit.jpgLa plus vieille chaussure du monde ! - par Christophe_Defrance le 13/06/2010 ~ 19:15
Découverte d'une chaussure de 5500 ans. Une équipe d'archéologues dirigée par Ron Pinhasi (University College Cork, Irlande) et Gregory Areshian (Cotsen Institute of Archeology, UCLA, Etats-Unis) a découvert la plus ancienne chaussure de cuir connue dans la grotte d'Areni-1, important site de fouille en Arménie (Publication dans Plos One le 9 juin 2009).  Très bien conservée, cette chaussure d'un pied droit mesure 24.5 cm de long pour 8 à 10 cm de large (ce qui correspond à une pointure 37 d'après les standards actuels). Confectionnée dans un seul morceau de cuir, probablement de bovidé, elle comporte une vingtaine d'oeillets reliés par une lanière de cuir et était fourrée avec de la paille et de l'herbe séchée lors de sa découverte (soit pour maintenir le pied au chaud, comme celles d'Otzi, soit pour maintenir la forme quand elle n'était pas utilisée. Les datations effectuées au radiocarbone ont permis de dater cette chaussure de - 5500 ans, ce qui correspond au Calcholithique (Age du cuivre). Elle est donc, pour l'instant, la plus ancienne chaussure de cuir connue.

 
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Photos: Boris Gasparian, Institute of Archaeology and Enthography, National Academy of Sciences, Armenia

hommesrecents/neandertal/n_petit.jpgDes gènes de Néandertal chez les sapiens ! - par Christophe_Defrance le 09/05/2010 ~ 12:45
Les Experts de la Préhistoire : une partie de notre génome provient de Néandertal. Richard E. Green (Université de Californie) - qui travaille actuellement au Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology de Leipzig (Allemagne) dans le cadre du projet de déchiffrage du génome de l'Homme de Neandertal dirigé par Svante Pääbo - vient de publier, dans la revue Science du 7 mai 2010, une étude qui montre qu'une infime partie du génome humain provient de celui des Néandertaliens. L'étude porte sur l'ADN nucléaire extrait des ossements de trois Néandertaliens différents découverts dans la grotte de Vindija en Croatie, datés entre - 38 000 et - 44 000 ans. Après quatre ans de travail, Svante Pääbo et ses collègues disposent désormais d’environ 60% de la séquence génétique d’Homo neandertalensis, soit plus de 4 milliards de nucléotides. Les séquences d'ADN obtenues ont ensuite été comparées avec celles de 5 populations d'hommes modernes vivant dans des endroits différents dans le monde (Europe, Chine, Papouasie Nouvelle-Guinée, Afrique du Sud et Afrique de l'Ouest).

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La comparaison des ADN montre que les génomes des non-africains sont beaucoup plus proches de celui des Néandertaliens que ceux des africains :1 à 4 % du génome humain actuel pourrait provenir des néandertaliens mais n'est absolument pas présent chez les africains. Pour R. Green, «nous pouvons maintenant dire que, selon toute probabilité, il y eu un flux de gènes de Néandertal à l'homme moderne». Par comparaison de l'ADN de Néandertal et de Homo sapiens, Green et ses collègues estiment que les 2 populations ancestrales se sont séparés entre -270.000 et -440.000 ans. Le fait que seuls les européens et les asiatiques actuels possèdent ce capital génétique neandertalien indique que les croisements entre sapiens et Néandertaliens ont du avoir lieu juste après la sortie des Homo sapiens d'Afrique pour conquérir l'Eurasie, soit selon les chercheurs il y a approximativement 100 000 ans, probablement au Moyen-Orient.
 
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Les chercheurs recherchent également des gènes qui auraient permis à l’homme moderne de prospérer, tandis que Neandertal s’est éteint. Pour cela ils identifient des régions du génome qui ont rapidement évolué chez l’homme moderne mais pas chez Neandertal. Ils en ont isolé 212, dont 20 qui ont subi une sélection très forte. Parmi ces gènes qui auraient conféré un avantage à l’homme moderne au cours de l’évolution, plusieurs concernent la cognition (apprentissage, relations aux autres…), le développement du cerveau, de la peau, des os et le métabolisme.



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