Vous êtes ici :   Accueil > Nouvelles
 
Nouvelles

australo/sediba/sediba_petit.jpgDu nouveau sur la branche des Homininés - par Christophe_Defrance le 09/04/2010 ~ 19:51
Découverte d'un nouvel australopithèque. Découverts en 2008 dans les dépôts de la grotte de Malapa (à 50 km de Johannesburg, en Afrique du Sud), les deux squelettes partiels sont bien conservés et ont été datés entre - 1.95 et - 1.78 millions d'années. Plus de 40% des squelettes ont pu être dégagés, ce qui a permis une étude relativement complète, que le Professeur Lee Berger a publié dans la revue Science d'avril 2010. Pour lui, il s'agit d'une nouvelle espèce d'australopithèques baptisée Australopithecus sediba. Mais d'autres chercheurs pensent qu'il s'agirait plutôt des premiers Homo.
crane.jpg

australo/laetoli/empreintes_petit.jpgLes Experts de la Préhistoire : nouvelle analyse des pas de Laetoli - par Christophe_Defrance le 01/04/2010 ~ 18:26
Reconstitution de la marche correspondant aux empreintes de pas de Laetoli. Une équipe dirigée par David Raichlen, du département d'Anthropologie de l'Université de l'Arizona, vient de publier dans Plos One, un journal scientifique américain, les résultats de ses travaux sur les traces de Laetoli. Découverte en 1978 et 1979, cette série de traces de plusieurs mètres correspond à un couple de bipèdes qui ont avancé côte à côte et dont les pas ont été "imprimés" dans des cendres volcaniques il y a 3.6 millions d'années. Ce sont donc les plus anciennes traces directes de bipédie d'un homininé. Ces pas, attribués à l'espèce Australopithecus afarensis, qui était à l'époque la seule espèce connue dans la région, présentent des caractères indiquant une forme de bipédie mais également un mode de vie arboricole (comme les doigts courbés). Cette espèce marchait-elle redressée avec de grandes enjambées comme l'homme moderne, ou recourbée, les jambes fléchies, comme certains grands singes ? Pour retrouver le type de marche pratiquée, les scientifiques ont conçu une voie recouverte de sable avec un système de capture photographique des mouvements de la marche. Les sujets qui marchaient sur la piste étaient filmés et sont passés à plusieurs reprises sur la piste en adoptant différentes postures allant de la bipédie actuelle de l'homme moderne à celle des chimpanzés, et les empreintes laissées lors de ces essais ont été reconstituées en trois dimensions et comparées à celles de Laetoli.
 
laetoli_empreintes_3D.jpg

Les empreintes laissées par un homme ayant une marche normale (A), une marche de type chimpanzé (B) et celles de Laetoli

Les chercheurs ont mesuré la profondeur des empreintes à l'avant et à l'arrière du pied : ils ont constaté que les profondeurs sont à peu près égales lorsqu'elles sont effectuées par une personne marchant avec une allure droite mais sont différentes en cas de marche accroupie, l'impression de l'orteil étant alors beaucoup plus profonde que l'impression du talon. Les empreintes de Laetoli montrent une profondeur équivalente de l'avant du pied jusqu'au talon, comme les hommes modernes. Cette étude montre donc qu'à une époque où les homininés pratiquaient encore un mode de vie largement arboricole, ils avaient déjà développé une bipédie très efficace, proche de celle de l'homme moderne, avec un coût énergétique réduit.

nouvelles/denisova_petit.jpgUn nouveau cousin ? - par Christophe_Defrance le 01/04/2010 ~ 17:33
L'homme de Denisova. Johannes Krause et ses collègues, du Max-Planck Institute de Leipzig et de diverses universités européennes et américaines, viennent de séquencer entièrement l'ADN mitochondrial contenu dans l'un des fossiles humains de la grotte de Denisova, une grande cavité très riche en traces et artefacts préhistoriques qui a été occupée pendant 125 000 ans. Le fossile est un os isolé appartenant à un doigt, provenant d'une strate de la grotte datée entre 48 000 et 30 000 ans avant le présent. L'ADN mitochondrial est issu des mitochondries et contient environ 16 000 bases. L'analyse du génome mitochondrial de la nouvelle espèce a été réalisé par une nouvelle méthode d'amplification spécifique de séquences d'ADN (PCR modifiée), mise au point récemment pour séquencer l'ADN mitochondrial des Néandertaliens sans craindre les contaminations. La séquence complète de l'ADN mitochondrial de l'individu obtenue a révélé qu'elle différait trop de l'ADN mitochondrial des Néandertaliens et des Homo sapiens modernes pour qu'on puisse conclure qu'elle appartenait à l'une de ces espèces. Or, à cette époque, des hommes modernes et des hommes de Néandertal vivaient en Sibérie : le bout de doigt de Denisova implique qu'une troisième espèce humaine y vivait aussi !  Les chercheurs ont établi un nouvel arbre phylogénétique du genre Homo intégrant la nouvelle espèce probable.
 
arbre_phylo.jpg

Mais de quelle espèce s'agit-il ? Les ancêtres des Néandertaliens et des hommes modernes ont divergé en Afrique, il y a environ 450 000 ans, avant que certains de leurs descendants ne quittent le continent, il y a quelque 250 000 ans pour les premiers et 100 000 ans pour les seconds. L'ancêtre commun des Néandertaliens, de l'homme moderne et de l'homme de Denisova aurait vécu il y a environ un million d'années. Dans ce cas, il est impossible que l'homme de Denisova descende de Homo erectus, puisque ceux-ci ont migré vers l'Eurasie 900 000 ans avant que ne vive cet ancêtre commun, soit il y a 1,9 million d'années. Il semble donc qu'une vague humaine passée inaperçue jusqu'à aujourd'hui aurait quitté l'Afrique il y a un million d'années environ. Chose remarquable, ce serait la première fois qu'une espèce humaine est découverte seulement à partir de ses gènes. Pour mieux apprécier la distance génétique entre la probable nouvelle espèce, Homo neanderthalensis et Homo sapiens, les chercheurs ont entrepris d'extraire de l'ADN nucléaire de l'os du doigt. Toutefois, pour vraiment convaincre les préhistoriens, il faudrait leur trouver un fossile plus complet d'homme de Denisova.

L'empreinte du cerveau de l'homme de Cro Magnon reconstituée en images de synthèse. A partir du crâne presque complet conservé au Musée de l'Homme à Paris, des chercheurs ont reconstitué l'empreinte du cerveau de cet Homo sapiens vieux de 28 000 ans. Découvert en Dordogne en 1868, dans l'abri de Cro Magnon (d'où son nom), le crâne a été scanné afin de révéler l'anatomie interne, y compris les détails invisibles sur le fossile, comme les bulles d'air dans les os de la face ou de l'os temporal (pneumatisation), leur épaisseur, leur constitution  en 3 couches différentes, et même les canaux semi-circulaires (organes de l'équilibre). Ensuite, les techniques de moulage ont permis de reconstituer l'endocrâne : il s'agit de l'empreinte laissée par les différentes parties du cerveau sur la partie interne des os du crâne, en particulier la vascularisation des principales aires cérébrales.
 
cromagnon1-1.jpgcromagnon1-2.jpgcromagnon1-3.jpg
 
Cette étude permettra d'étudier les changements de forme du cerveau chez Homo sapiens depuis les plus anciens représentants européens jusqu'à l'homme actuel. Elle ouvre également de nouvelles perspectives en termes de présentation muséographique et d’analyses scientifiques. En effet, les fossiles originaux doivent être conservés dans des environnements parfaitement adaptés et leur manipulation doit être restreinte pour préserver ce patrimoine irremplaçable.
 

culture/neolithique/gougenheim_petit.jpgDécouverte de sépultures néolithique à Gougenheim - par Christophe_Defrance le 10/03/2010 ~ 18:28
Exceptionnelles découvertes à Gougenheim (Bas-Rhin). Une équipe de l'INRAP a découvert, dans le cadre des opérations archéologiques préalables à la construction de la ligne à grande vitesse Est Européenne, plusieurs traces d'occupation datées de l'âge du Bronze et du Fer ainsi qu'un ensemble de sépultures du Néolithique récent à Gougenheim (à une vingtaine de kilomètres de Strasbourg). Les indices d'occupation les plus anciens correspondent au Néolithique ancien, aux environ de 5000 ans avant notre ère : ils identifient la présence de bâtiments d'habitation d'une communauté d'agriculteurs.
 
gougenheim3.jpgGougenheim4.jpg
 
Les sépultures sont du Néolithique récent (environ 4000 ans avant notre ère) : 44 individus au total, adultes et enfants, ont été ensevelis dans des fosses désaffectées ou détournées de leur usage initial de stockage (fosses-silos). Il s'agit d'une technique courante pour les ensembles funéraires de la vallée du Rhin à cette période. L'importance de la découverte, outre le nombre important d'individus, est la bonne conservation des squelettes qui va fournir de nombreux enseignements sur les rites funéraires de cette époque. On peut déjà noter l'existence de manipulations post mortem se traduisant par des déplacements d'ossements, ainsi qu'une grande variabilité des positions des défunts, ce qui soulève de nombreuses interrogations.

hommesrecents/inuk_petit.jpgLes Experts de la préhistoire : analyse ADN d'Inuk - par Christophe_Defrance le 14/02/2010 ~ 10:32
Analyse ADN d'un homme de - 4000 ans. Le Professeur Eke Willerslev et son équipe de la Geogenetic (Natural History Museum, Université de Copenhague) vient de publier, dans la revue Nature de fevrier 2010, les résultats de l'étude de l'ADN ancien d'un homme de -4000 ans. L'analyse a été pratiquée sur une touffe de cheveux qui a été retrouvée dans le pergélisol au Groenland dans les années 1980 et conservée depuis au Musée National du Danemark. L'équipe a utilisé différentes techniques de séquençage pour décrypter près de 80% du génome nucléaire, soit environ 3 milliards de paires de bases, ainsi qu'une petite quantité d'ADN mitochondrial. Le profil génétique obtenu est celui d'un Homo sapiens, de sexe masculin, et génétiquement adapté aux basses températures. Il était du groupe sanguin A+, avait les yeux bruns, une peau brune, une tendance à la calvitie et des pérdispositions génétiques à certaines maladies (cerumen sec entraïnant des otites) ainsi qu'une forme particulière de dentition (en "pelle") ...

nature08835-f1_2.jpg

Les scientifiques ont recherché des variations appelées SNP (Single Nucleotide polymorphism) qui sont fréquentes et qui s'appliquent sur une seule paire de bases du génome : elles permettent de caractériser les différents groupes de populations humaines. Cet homme a été baptisé "Inuk" (pour "homme" dans la langue groenlandaise) et appartenait à la culture paléo-esquimaude de Saqqaq : cette population du Néolithique était principalement localisée dans l'Ouest du Groenland et se nourissait principalement de phoques et d'oiseaux de mer. C'est l'une des premières à avoir colonisé le continent américain par l'Arctique entre - 4400 et - 6400 ans. Génétiquement différente des amérindiens et des inuits, les Saqqaqs n'ont pas laissé de descendance dans l'actuelle population américaine.
 
inuk.jpg
Reconstitution d'inuk

hommesrecents/neandertal/stajna_petit.jpgDécouverte de dents d'hommes de Néandertal - par Christophe_Defrance le 11/02/2010 ~ 09:21
3 dents de Néandertaliens découvertes en Pologne. C'est dans la grotte de Stajna que Mikolaj Urbanowsk et son équipe (Szczecin University) ont mis à jour un grand nombre d'éléments : outils en silex, bois de renne, ossements de mammouth, d'ours des cavernes, de rhinocéros laineux et, parmi l'ensemble, trois dents qui ont été attribuées à Homo neandertalensis (Publiée dans la revue Naturwissenschaften le 28/01/2010). L'analyse d'une de ces dents, appartenant à un individu âgé de 20 ans, a permis de la dater de 80 000 à 100 000 ans. Ces dents sont une preuve directe de la présence des Néandertaliens en Pologne à cette époque, qui n'était connue jusqu'à présent que par des outils. Les ossements associés montrent des entailles traduisant le dépeçage et la consommation de ce gibier. Les outils associés aux dents pourraient être, selon les chercheurs, une preuve que le site serait une sépulture primitive.
neanderthal-tooth-cp-8051916.jpg
Photo : Department of Archeology, Institute of History and International Relations, Szczecin University

culture/oldovaien/lezignan_petit.jpgDécouverte des plus vieilles traces d'homininés en France - par Christophe_Defrance le 17/12/2009 ~ 14:03
Des artefacts de 1.57 millions d'années ! La revue Palevol publie les travaux d'une équipe de chercheurs du CNRS et du Museum d'Histoire Naturelle sur le site de Lezignan-La-Cèbe, dans l'Hérault (France). La découverte sur le site de fossiles d'animaux (dents et ossements) remonte à une quinzaine d'années, mais c'est seulement à l'été 2008 que les scientifiques ont commencé l'expertise puis l'étude de ce site. Les niveaux fossilifères sont situés sous une coulée de basalte, provenant d'un volcan situé à 8 km, qui a été datée de 1.57 millions d'années. Les fossiles, situés sous cette coulée, sont donc plus anciens. La première campagne de fouille (sur une zone de 5 mètres carrés et sur 20 cm d'épaisseur) a mis à jour plus de 400 os et dents appartenant à de nombreux vertébrés (Equidés, Bovidés, Cervidés, Proboscidiens, Canidés... ) correspondant à une faune du Villafranchien. Le milieu devait être ouvert mais arboré, avec un climat chaud et relativement humide.
lezignan.jpg

Les pluies automnales ont dégagé une vingtaine d'outils : choppers et chopping tools appartenant à la civilisation du galet (pebble culture), proches des premiers outils connus en Afrique (Oldowayen). Ce sont des galets de de quartzite, de basalte ou de silex présentant des éclats de différentes natures. Cette découverte nous renseigne sur la colonisation du continent européen. A ce jour, les plus anciens européens sont les Homo georgicus de Dmanissi (Georgie, 1.8 millions d'années) et les Homo antecessor d'Atapuerca (Espagne, 1.2 millions d'années). Ces premiers outils français témoignent du passage d'une espèce, non encore déterminée faute de fossiles, passée par l'Hérault il y a environ 1.6 millions d'années, et que les scientifiques identifieront peut être avec la poursuite des fouilles dans les années futures.

australo/ramidus/science.jpgVoici Ardi ! - par Christophe_Defrance le 04/10/2009 ~ 10:30
Publication de l'étude complète sur Ardipithecus ramidus. Les premiers fossiles d'Ardipithèques ont été découverts en 1992 en Ethiopie par Tim White, Gen Suwa et leurs collaborateurs du Middle Awash Project. Après 17 ans de recherches, qui ont permis la découverte de 110 ossements appartenant à 36 individus différents, et d'analyses, de reconstitutions et de comparaisons au laboratoire, la description complète de l'Ardipithecus ramidus vient d'être publiée dans le magazine Science du 02/10/2009. Parmi ces ossements, un squelette très complet d'une femelle, baptisée Ardi, datée de 4.4 millions d'années. Une vidéo sur le site de Science.
 
couv_science.gifArdi_ramidus.jpg
 
Mesurant 1.20 mètre pour 50 kilos environ, avec un faible dimorphisme sexuel, Ardi est située sur une lignée voisine des Australopithèques. Ardipithecus présente des caractères au niveau de son bassin et de ses mains qui témoignent de sa bipédie mais aussi d'une vie arboricole. Les chercheurs estiment que l'espèce utilisait les deux modes de locomotion à égalité. Le pied a une structure plus rigide que celle des grands singes mais présente un gros orteil opposable qui permet de bien s'accrocher aux branches ; la voûte plantaire non arquée montre qu'Ardi ne pouvait pas marcher ou courir sur de longues distances. L'anatomie de la main montre qu'il ne pouvait pratiquer ni le knuckle walking (marche sur les phalanges) ni la suspension dans les arbres.
 
ardi_main.jpgardi_pied.jpg
La main et le pied d'Ardi
 
La tête est petite avec un volume crânien de 300 à 350 cm3 comparable à celui d'un bonobo mais inférieur à celui d'un australopithèque. Les dents, avec un émail plus fin que chez les australopithèques, traduisent un régime alimentaire omnivore mais composé d'aliments peu résistants.
La reconstitution de l'environnement de l'époque montre un habitat comprenant des parcelles forestières (palmiers, figuiers ...) avec de nombreux oiseaux et mammifères de toutes tailles.
Ardipithecus ramidus nous fournit des renseignements sur l'ancêtre commun de la lignée humaine et de celle des Paninés. Les caractéristiques d'Ardi, qui ne ressemble pas plus à un humain qu'à un chimpanzé, suggèrent que cet ancêtre commun n'est pas forcément proche des grands singes actuels et que les particularités des chimpanzés, notamment le knuckle walking ,seraient une innovation apparue après la séparation des deux lignées.

culture/magdalenien/dzu.jpgUn vieille ficelle ! - par Christophe_Defrance le 18/09/2009 ~ 10:52
Découverte de fibres végétales tressées de 30 000 ans. Le professuer Eliso Kvavadze (Institut de Paléobiologie du Muséum National de Géorgie) et ses collègues géorgiens, américains et israéliens ont découvert dans les sédiments de la grotte de Dzudzuana plus de 700 échantillons microscopiques de fibres végétales de lin, alors qu'ils recherchaient les pollens fossiles contenus dans ces strates. La datation de ces couches donne, pour les plus anciennes, un âge de 31 000 à 36 000 ans, ce qui correspond au Paléolithique supérieur (Aurignacien). Cette découverte est publiée dans Science de septembre.
Fabriquées à partir du Lin sauvage, certaines de ces fibres sont colorées, d'autres sont tordues, ce qui signifie que les chasseurs cueilleurs de cette époque les utilisaient pour fabriquer des cordes ou des ficelles, ou encore pour coudre des vêtements de peau ou des chaussures, comme le suggèrent les poils de mouflons et des fragments de mites et par la présence de spores de Chaetomium, un champignon poussant habituellement sur les tissus et les plantes textiles tout en les rongeant. Elles pouvaient également servir à fixer des outils de pierre taillée sur des manches en bois, tresser des paniers...

kvavdze1HR.jpg
_46357910_flaxcompoundimage.jpg
 

Jusqu'alors, les plus anciennes traces d'usage de fibres végétales par l'homme avaient été découvertes dans des sédiments de 30 000 ans en République Tchèque et en Israël (20 000 ans).

DébutPrécédent [ 1 2 3 4 5 6 7 8 ] SuivantFin