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culture/acheuleen/bif.jpgNouvelles datations pour les plus vieux bifaces européens. - par Christophe_Defrance le 04/09/2009 ~ 10:06

Les premiers bifaces européens. Deux chercheurs du Centre de Géochronologie de Berkeley (Californie) ont réalisé une nouvelle datation des sédiments de deux sites espagnols dans lesquels avaient été découverts des bifaces : Estrecho del Quipar (près de Murcie) et Solana del Zamborino (dans la Sierre Nevada, près de Grenade). Jusqu'à présent, ces grottes étaient classées dans le Paléolithique ancien avec un âge estimé à - 200 000 ans, même si des analyses paléontologiques d'ossements de petits rongeurs avaient suggéré une datation plus ancienne. Les bifaces sont des outils apparus en Afrique il y a environ 1.5 millions d'années. On en a également retrouvé en Israël sur des sites datés de 1.2 millions d'années et en Chine (800 000 ans). En Europe occidentale, les plus anciens étaient datés d'environ 500 000 ans (Acheuléen).

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Par la méthode du paléomagnétisme basée sur les inversions du champ magnétique terrestre, Gary Scott et Luis Gibert ont obtenu des âges de 760 000 ans pour Solana et de 900 000 ans pour Quipar (publié dans Nature, septembre 2009). Ces bifaces seraient donc les plus vieux outils européens de ce type connus : ils repoussent l'apparition de l'Acheuléen en Europe à près d'un million d'années, ce qui suggère que la technique de fabrication des bifaces s'est diffusée largement depuis l'Afrique jusqu'au monde méditerranéen dès le début du Pléistocène.

culture/aurignacien/flute_petit.jpgUne flûte de 37000 ans ! - par Christophe_Defrance le 26/06/2009 ~ 10:07

Les aurignaciens aimaient la musique. La grotte d'Hohle Fels (Jura souabe, Allemagne) n'en finit pas de livrer ses trésors : à quelques dizaines de centimètres de l'endroit où une vénus avait été découverte (voir la nouvelle correspondante), Nicholas Conard et ses collaborateurs (Université de Tübingen) ont trouvé douze fragments d'une flûte en os. Taillé dans un os de vautour fauve (Gyps fulvus), l'instrument mesure 22 cm de long et 8 mm de diamètre, il est percé de cinq trous et possède deux encoches en forme de V à l'endroit où le joueur devait souffler. La datation de la strate donne un âge de 35000 ans avant notre ère (Aurignacien).


Les premières découvertes de flûtes aurignaciennes dans les grottes du Jura souabe remontent à 1995. Aujourd'hui, quatre flûtes en os et quatre en ivoire ont été découvertes dans ces grottes : celles confectionnées en ivoire demandent une confection plus complexe puisqu'il doit être taillé, fendu et assemblé, contrairement à l'os de vautour. La musique était donc un élément important de la vie des hommes modernes il y a 30 à 40000 ans. Signalons qu'une flûte taillée dans un fémur d'ours a été découverte en Slovénie : datée de 45000 ans, elle pourrait être l'oeuvre de néandertaliens.


 


photos/petit.jpgDécouverte de Lluc - par Gregory_Michnik_&_Christophe_Defrance le 07/06/2009 ~ 19:31

Lluc, un très vieux cousin. Il s'agit d'un Hominoïde âgé de 12 millions d'années (Miocène), qui a été découvert en 2004 à Abocador de Can Mata (commune de Els Hostalets de Pierola,dans la région d'Anoia, en Espagne, où avait déjà été trouvé un autre Primate du Miocène Pierolapithecus catalaunicus). Les restes fossiles, très fragiles, ont subi un long traitement de consolidation avant de pouvoir être étudiés, puis publiés dans les PNAS en juin 2009 par Salvador Moyà-Solà et son équipe de l'Institut Catala de Paleontologia (Université autonome de Barcelone). Baptisé "Lluc" pour évoquer la lumière (lux) parce qu'il éclaire la lignée des Hominidés, le fossile appartient à une nouvelle espèce : Anoiapithecus brevirostris.

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Une mâchoire et des restes de la face ont été retrouvés. Anoiapithecus montre un faible prognathisme (d'où son nom brevirostris), une ouverture nasale large, une racine de l'os zygomatique assez haute et un palais profond (caratères d'Hominidés) , ainsi que d'autres caractères qui se retrouvent chez des Primates plus anciens, comme des dents avec un émail épais avec des capsides globuleuses. Certains caractères le rapprochent des Kenyapithécinés qui sont les ancêtres possibles des Hominidés. La datation du site donne un âge de 12 millions d'années. Sa découverte en Espagne fournit des arguments en faveur de la théorie "into Africa" qui propose que les Kenyapithécinés seraient sortis d'Afrique il y a environ 15 millions d'années pour coloniser le pourtour méditérranéen. Ce serait leurs descendants qui, en revenant plus tard en Afrique, auraient donné naissance aux Hominidés.


culture/venus/hohle_petit.jpgDécouverte de la vénus de Hohle Fels - par Christophe_Defrance le 16/05/2009 ~ 17:50
La plus ancienne vénus paléolithique. La revue Nature de mai 2009 présente la vénus découverte en septembre 2008 dans la grotte de Hohle Fels (dans la région du Jura souabe au sud de l'Allemagne) par l'archéologue Nicholas Conard de l'université de Tübingen. Il s'agit d'une figurine sculptée dans l'ivoire d'une défense de mammouth, composée de six fragments et retrouvée parmi des ossements de chevaux, rennes et ours des cavernes, à 20 mètres de l'entrée de la grotte et à une profondeur 3 mètres. Une fois reconstituée, on découvre une statuette de 6 cm de haut, 3.5 cm de large et 3 cm d'épaisseur pour un poids de 33 grammes.

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Cette vénus est complète à l'exception d'une épaule et du bras gauche. La tête de la figurine est un simple passant permettant de la suspendre et de l'utiliser comme pendentif, ce que confirment les traces de polissage au niveau de l'anneau. Cette représentation féminine présente des caractèristiques sexuelles exagérées : poitrine et fesses surdimensionnées, épaules et hanches très larges, taille plus étroite. Les organes génitaux sont les éléments les plus détaillés. Par contre, les bras sont petits et les jambes courtes et pointues. La statuette présente également des incisions horizontales entre la poitrine et la vulve, ainsi que dans le dos, qui pourraient correspondre soit à une enveloppe formant des plis, soit à une sorte de vêtement. La datation donne un âge de 35000 ans, ce qui correspond à l'Aurignacien. La venus de Hohle Fels est donc antérieure d'au moins 5000 ans aux venus du Gravettien, comme la vénus de Willendorf, et constitue donc l'une des plus anciennes représentations féminines connues. L'interprétation de ces vénus est variable : symbole de fertilité pour certains, élément de rites chamaniques pour d'autres, le débat reste ouvert.

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hommesrecents/flores/petit_pied.jpgDu nouveau sur l'Homme de Flores - par Christophe_Defrance le 07/05/2009 ~ 18:09

Le Hobbit avait de grands pieds ! Deux nouvelles études sur Homo floresiensis, publiées dans la revue Nature du 7/05/2009, apportent un nouvel éclairage sur cet homininé qui vivait entre - 95000 et - 17000 ans sur l'île de Flores. La première, réalisée par Eleanor Weston et Adrian Liston, du Musée d'Histoire Naturelle de Londres (Grande Bretagne), compare la réduction du crâne de l'Homme de Flores avec celle d'une espèce naine d'hippopotames de Madagascar. L'isolement insulaire entraine une réduction du volume endocrânien chez ces hippopotames qui atteint jusqu'à 30 % de celui d'origine des hippopotames africains. La petitesse du crâne de l'Homme de Flores serait donc une adaptation à son environnement insulaire.


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Pied gauche de LB1, tibia droit et fémur gauche


La seconde étude, menée par William Jungers et ses collègues (Stony Brook University, USA) , porte sur l'étude détaillée de son pied. Le pied d'Homo floresiensis est différent de celui d'un Homo sapiens. Son anatomie est compatible avec la station debout et la bipédie : gros orteil aligné avec les autres doigts de pied, pied rigide permettant une bonne propulsion ... mais présente également un certain nombre de particularités. En premier lieu, ce pied est très long, il représente plus de la moitié de la longueur du fémur (alors que chez Homo sapiens, le pied est plus court, d'une taille équivalente à la moitié de la longueur du fémur). Le gros orteil ressemble à celui des chimpanzés et les os du tarses présentent des similitudes avec ceux des grands singes : la voûte plantaire est inexistante, ce qui empèche la course sur de longues distances. On retrouve un mélange de caractères primitifs et modernes comme pour les études menées sur l'omoplate ou le poignet de l'Homme de Flores.
Homo floresiensis correspond bien à une nouvelle espèce et non pas à un Homo sapiens atteint d'une quelconque pathologie. W. Jungers pense qu'il serait un lointain descendant d'un Homo erectus très ancien, qui a subi une réduction de son corps ou le représentant d'une nouvelle espèce primitive issue d'un ancêtre provenant d'Afrique beaucoup plus tôt que n'importe qui aurait pu le prédire. Deux hypothèses à étayer par d'autres découvertes ...


hommesrecents/flores/marcmoore.jpgDu nouveau sur les outils de l'Homme de Flores - par Christophe_Defrance le 22/04/2009 ~ 11:24
Homo Floresiensis, un modèle pour des Homo sapiens ? Près de 11600 outils en pierre et autres déchets résultant de leur taille ont été retrouvés à Liang Bua (île de Flores, Indonésie), dans une strate datée entre -95000 et -17000 ans. C'est dans cette même couche qu'ont été extraits les ossement d'Homo floresiensis, en dessous d'une couche de tuf volcanique datée de -12000 ans qui marque la limite avec l'occupation de la grotte par les Homo sapiens il y a 11000 ans. Les outils retrouvés peuvent donc être attribués à l'une ou l'autre des espèce selon la couche dans laquelle ils ont été découverts. Une équipe de scientifiques dirigée par Mark Moore (Université de New England, Australie) a analysé les formes des outils et la position et l'angle des traces de frappe laissées lors de leur façonnage et a ainsi pu reconstituer la séquence de construction des outils (publié dans Journal of Human Evolution, avril 2009). La fabrication commençait toujours à l'extérieur de la grotte avant de s'achever à l'intérieur. Les hommes de Flores frappaient l'objet en utilisant une pierre comme "marteau" et une autre comme "enclume" et ont conservé le même procédé de fabrication durant toute la durée d'occupation de la grotte.

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En effectuant les mêmes recherches sur les outils de la couche supérieure datée de - 11000 ans, ils ont constaté que les Homo sapiens utilisaient les mêmes enchaînements de techniques que les Homo floresiensis. Mark Moore explique cette ressemblance par les fait que les deux espèces se sont rencontrées et qu'elles ont du avoir des échanges. Homo floresiensis aurait pu être  un modèle pour les Homo sapiens dans l'île de Flores.

hommes/pekin/pekin_petit.jpgNouvelle datation pour l'Homme de Pékin - par Christophe_Defrance le 13/03/2009 ~ 08:10
L'Homme de Pékin plus vieux de 200 000 ans. De nouvelles datations des sédiments de la grotte de Zhoukoudian, près de Pékin, dans laquelle a été découvert l'Homme de Pékin entre 1928 et 1937, ont donné un âge d'environ 750 000 ans, soit 200 000 ans de plus que les estimations précédentes. Le site de Zhoukoudian a livré un grand nombre de fossiles d'Homo erectus ainsi que plus de 17000 outils de type Acheuléen et des traces de foyer. Les nouvelles datations, réalisées par l'équipe de Guanjun Shen de l'Université de Nanjing (Chine), reposent sur l'analyse d'isotopes cosmogéniques de l'Aluminium et du Béryllium : cette technique est basée sur la production d'isotoptes rares suite à l'exposition de certains minéraux aux rayons cosmiques. Connaissant la durée de vie de ces isotopes radioactifs, les chercheurs peuvent déterminer le moment à partir duquel ils n'ont plus été exposés à ce rayonnement cosmique et donc estimer l'âge de l'échantillon. Dans la grotte de Zhoukoudian, l'analyse a porté sur des grains de quartz provenant des couches sédimentaires dans lesquelles a été retrouvé l'Homme de Pékin. Cette méthode vieillit de près de 200 000 ans l'Homme de Pékin, ce qui lui donne un âge correspondant à celui des traces d'occupation d'Homo erectus dans la région du Hebei, au nord-ouest de la grotte. Cette datation relance les discussions sur les migrations de l'Homo erectus, apparu en Afrique il y a plus de 1,8 millions d'années, et qui a ensuite colonisé d'autres continents. Certains chercheurs pensent qu'une seule route de migration a été empruntée de l'Afrique vers l'Asie, d'autres penchent pour un hypothèse avec deux routes de migration : l'une menant à l'Asie du Sud-Est et l'île de Java, l'autre passant par la Georgie ( Homo georgicus daté de - 1,75 millions d'années) et le sud de la Mongolie pour atteindre le nord-est de l'Asie vers - 1,3 millions d'années.
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hommes/ergaster/ileret_petit.jpgDécouverte de pistes de pas au Kenya - par Christophe_Defrance le 28/02/2009 ~ 12:38
Des traces de bipédie datées de 1.5 millions d'années. Des empreintes de pas humaines ont été découvertes sur le site de "Rutger's Koobi Fora Field" près d'Ileret (Kenya) par le professeur Matthew Bennett (Université de Bournemouth - Grande Bretagne) et son équipe. Elles sont situées dans des couches sédimentaires datées de 1.5 millions d'années. La couche supérieure de sédiments contient deux séries d'empreintes de pied, dont l'une de sept empreintes successives ainsi que des marques de pas isolées. La couche plus profonde (située cinq mètres en dessous) contient deux autres empreintes isolées et une autre plus petite, probablement laissée par un enfant. A un autre endroit ont été également découvertes des marques de pattes de différents animaux, parmi lesquels des hominidés. Cette découverte a été publiée dans la revue Science du 27/02/2009.

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Les découvertes de restes fossilisés de pied sont assez rares car les os qui le composent sont de petite taille et donc facilement avalés par les charognards. De plus, les parties molles du corps ne se conservent pas et il est donc difficile de connaître la forme générale du pied d'un Homininé. Des empreintes, plus anciennes, ont déjà été découvertes à Laetoli et sont attribuées à des Australopithèques : elles présentent un gros orteil écarté des autres, traduisant une adaptation au milieu arboricole et une bipédie différente de la bipédie de l'homme actuel. Sur les empreintes d'Ileret, scannées et numérisées, le gros orteil est dans le prolongement du reste du pied, parallèle aux autres orteils. Les orteils sont courts, en forme d'arche, typiques de la posture bipède. La taille, l'espacement entre les pas et la profondeur des empreintes montrent un transfert caractéristique du poids du talon vers le métatarse et le gros orteil durant la marche : tous ces indices sont dans les normes des humains modernes.

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Selon leur âge et leur localisation géographique, ces traces peuvent être attribuées à des représentants des Homo ergaster ou des premiers Homo erectus : ce sont des Homininés dont les proportions des membres sont comparables à celles de l' Homo sapiens, mesurant environ 1.75 m, et dont des fossiles ont déjà été retrouvés au Kenya, en Tanzanie, en Ethiopie et en Afrique du Sud.

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Comparaison d'une des empreintes (FwJj14E) avec celles d'un Australopithèque (Laetoli), d'un Homo erectus (GaJi10) et d'un Homo sapiens

 

hommesrecents/neandertal/neand_petit.jpgLes Experts de la préhistoire : analyse ADN de l'Homme de Neandertal - par Christophe_Defrance le 14/02/2009 ~ 15:13
Les experts de la Préhistoire : décryptage du génome de l'Homme de Neandertal. Svante Pääbo - et son équipe de chercheurs de l'Institut Max Planck d'Anthropologie Evolutive de Leipzig - a annoncé avoir décodé 60% de l'ADN nucléaire d'un Homme de Neandertal. Présentés le 12/02/2009 au congrès de la Société Américaine des Sciences à Chicago, ces résultats sont l'aboutissement de plus de 10  ans de recherche sur le séquençage de l'ADN ancien. Pääbo et son équipe ont collaboré avec la société 454 Life Science afin de mettre au point de nouvelles techniques permettant de décoder de très courtes séquences d'ADN en évitant les contaminations par l'ADN des micro-organismes présents sur les fossiles et celui des humains modernes ayant manipulé les ossements.
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Laboratoire du Max Planck Intitute                                          Svante Pääbo                                                                          La grotte de vindjia

L'ADN séquencé provient principalement d'ossements d'un fossile trouvé dans la grotte de Vindjia (Croatie) daté de 38000 ans : 3 milliards de paires de nucléotides (soit l'équivalent de 60% du génome d'un mâle) ont ainsi pu être séquencées à partir d'un échantillon d'os pesant à peine 0.5 gramme. Cette équipe a également analysé des séquences de plusieurs millions de bases obtenues sur des fossiles retrouvés en espagne et dans le Caucase afin de s'assurer que le fossile de Vindjia est bien représentatif de l'espèce. Elle a également obtenu l'autorisation de prélever un échantillon sur le fossile découvert dans la vallée de Neander (Allemagne) en 1856 et qui a donné son nom à cette espèce. Une comparaison avec l'ADN nucléaire des Homo sapiens et des Hominidés (grands singes anthropomorphes) sera possible, qui devrait permettre de préciser les phylogénies et les relations de parenté de l'homme moderne avec les néandertaliens. Les premiers résultats confirment qu'il n'y aurait pas eu de reproduction entre ces deux espèces distinctes, mais cette première ébauche du génome de l'Homme de Neandertal doit encore être complétée et affinée.
A lire : le dossier spécial sur ces travaux dans le Sciences & Avenir de mars 2009.

australo/africanus/af_petit.jpgUn nouveau "casse-noix" parmi les Australopithèques. - par Christophe_Defrance le 04/02/2009 ~ 16:07

Le regime alimentaire des Australopithèques africains. Parmi les Homininés, ce sont les Paranthropes, encore appelés Australopithèques robustes ( P. aethiopithecus, P. boisei, P. robustus ) qui vivaient en Afrique de l'Est et du Sud entre -2.7 et -1 millions d'années qui étaient réputés pour la solidité de leurs dents et la puissance de leurs mâchoires. Cette adaptation traduit un régime alimentaire où figurent des fruits à coques, ce qui leur a valu le surnom de "casse-noix". Selon une étude publiée dans les PNAS du 03/02/2009 par David Strait et ses collègues de l'University of Albany ( N.Y., U.S.A. ), ils n'étaient pas les seuls à pouvoir casser des noix avec leurs dents : certains Australopithèques "graciles" ( Australopithecus africanus) avaient eux aussi des prémolaires assez puissantes pour casser les coques. L'alimentation de cet Austrlopithèque africain, vivant entre -3.5 et -2.5 millions d'années, est sujette à discussion : certains pensent que son appareil masticateur est adapté à la consommation d'aliments coriaces comme les graines et les noix, d'autres à un régime alimentaire plus "tendre".

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La numérisation du crâne de Mrs Ples - David stait tenant un crâne de Paranthropus boisei


Le paléoanthropologue David Strait a scanné le crâne de l'un d'entre eux, Mrs Ples, afin de calculer, grâce aux méthodes d'ingénierie et de la biomécanique, les forces que les prémolaires pouvaient supporter sans se casser. Les résultats de ces calculs montrent une résistance suffisante pour briser les coques avec ces dents et se nourrir de ces fruits. Cela ne signifie pas pour autant que les noix étaient la nourriture majoritaire de ces Australopithèques : les études réalisées jusqu'à présent se sont concentrées sur les molaires de ces fossiles et s'ils cassaient réellement des noix avec leurs prémolaires, de microscopiques fentes dans l'émail de ces dents devraient également être visibles.

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