Vous êtes ici :   Accueil > Nouvelles
 
Nouvelles

culture/sepulture/camino1.jpgDécouverte d'une nécropole du Chalcolithique en Espagne - par Christophe_Defrance le 29/01/2009 ~ 10:33
Découverte du plus grand cimetière préhistorique d'Espagne.  C'est sur le site de "Camino del Molino" près de Murcie (Espagne)) qu'une équipe d'archéologues composée de Mariano Lopez Ramos Martinez, Francisco Martinez et Joaquin Lomba Maurandi a mis à jour les restes de ce qui est la plus grande nécropole préhistorique hispanique. Débutées en février 2008 les fouilles ont déjà permis d'exhumer les restes fossilisés de plus de 1300 individus, enterrés sur une période de plus de 400 ans. Différentes méthodes de datations absolues ont été pratiquées pour déterminer les époques d'ensevelissement : elles indiquent un âge compris entre - 4400 ans et - 3950 BP (au Chalcolithique). Ce type de cimetière collectif utilisé sur une aussi longue période est différent des habitudes funéraires de l'époque. Les corps ont été placés en position fœtale.

enterramiento2.jpgenterramiento1.jpg

Les scientifiques estiment qu'une communauté d'une soixantaine de personnes devait vivre sur ce site il y a environ 6000 ans. Une fois le dégagement de tous les squelettes achevé, les études au laboratoire devraient permettre de reconstituer le mode de vie de cette petite communauté. Les informations fournies sont nombreuses et variées (caractères physiques, habitat préhistorique, mode d'alimentation à cette époque, …). La quantité  importante de corps découverts permettra également de déterminer la longévité de ces hommes, les éventuelles carences alimentaires, les maladies et affections dont ils souffraient (paléopathologie). Ce site extrêmement riche a également livré une cinquantaine de squelettes de chiens accompagnant leurs maîtres dans la tombe, ainsi qu'une importante quantité d'outils et objets usuels comme des pots en céramique, des silex, des pointes de flèches, des colliers et même des poignards. Certaines tombes étant plus riches en matériel que d'autres, les scientifiques pensent que celles-ci devaient accueillir le cadavre d'un individu remarquable dans son rang social ou hiérarchique.

culture/venus/zaraysk.jpgDécouverte de vénus du Paléolithique en russie - par Christophe_Defrance le 03/01/2009 ~ 11:49
Découverte de sculptures sur os de mammouth à Zaraysk. Des chercheurs viennent de mettre à jour à Zaraysk, à 150 km au sud de Moscou (Russie) des objets sculptés dans des défenses et des ossements de mammouths. dans cette même région, les sites de Kostenki et Avdeevo ont également livré des objets (dont une Vénus) datant du Paléolithique supérieur. Les découvreurs Hizti Amirkhanov et Sergey Lev de l'Académie des Sciences de Russie ont publié leur étude dans la revue Antiquity de décembre 2008.


cone-zaraysk.jpg zarayskbone.jpg
 
 
Parmi ces découvertes, exceptionnelles du fait de leur rareté, signalons :
  • une côte de mammouth gravée représentant trois figurines de mammouths ;
  • un objet de forme conique, sans pointe, orné de gravures et percé d'un trou central, dont l'utiisation est encore inconnue ;
  • un os gravé d'une croix ; 
  • deux statuettes de forme humaine représentant propablement des femmes. La première de ces venus semble achevée et mesure 17 cm de hauteur, alors que la seconde, plus petite (9 cm) apparaît, elle, inachevée. Ces 2 statuettes ont été découvertes dans de petites fosses aménagées, chacune sous un omoplate de mammouth. Elles reposaient sur un lit de sable fin au Nord et un dépot d'ocre au Sud.
venus-zaraysk.jpg

hommes/erectus/bassin_petit.jpgReconstitution du bassin d'Homo erectus - par Christophe_Defrance le 20/11/2008 ~ 09:04

Reconstitution du bassin d'une femelle Homo erectus : les bébés avaient déjà un gros cerveau ! L’équipe de Sileshi Semaw (Stone Age Institute, Indiana, US) et Scott Simpson (Case Western Reserve University, Cleveland, US) a reconstitué un bassin de femelle presque complet attribué à l’espèce H. erectus. Les Homo erectus sont des homininés plutôt grands et fins, adaptés à la course, les chercheurs s’attendaient à ce que la taille du bassin soit assez réduite chez les femmes. Le fossile de l'adolescent du Turkana (Homo ergaster) était à la base de beaucoup d'hypothèses concernant la stature d'Homo erectus. Le pelvis fossilisé, âgé de 1,2 millions d’années, découvert en 2001 en Ethiopie dans la région de Gona (formation de Busidima), dans l’Afar éthiopien, a été complétement dégagé en 2003 et vient d'être reconstruit et comparé à d'autres bassins.

RTEmagicC_pelvisgona_jpg.jpgcomparaison_bassins.jpg

Le bassin de Gona (les parties en bleu correspondent aux morceaux manquant) - Comparaison avec le bassin d'Australopithecus afarensis (à gauche) et d'Homo sapiens (à droite)

Le bassin de la femelle erectus de Gona est 30% plus large que les estimations, expliquent Simpson et ses collègues dans la revue Science publiée le 14/11/2008, notamment les passages empruntés par le fœtus lors de la naissance, qui correspondent à des bébés qui ont déjà un gros cerveau. La croissance du cerveau pendant la gestation serait ainsi comparable à celle des Homo sapiens actuels mais la croissance post-natale serait plus proche de celle des chimpanzés (le cerveau adulte des H. erectus étant plus petit que celui des H. sapiens). Ces observations signifient que le développement d’homininés dotés de gros cerveaux étaient déjà bien en place il y a 1,2 million d’années. Cela ne veut pas dire pour autant que l’enfance des Homo erectus était comparable à la nôtre. Différentes études, notamment de la croissance des dents, ont montré que ces homininés atteignaient beaucoup plus tôt la maturité et l’âge de la reproduction (estimé vers 15 ans) que les humains actuels (19,3 ans). D’après l’étude du jeune H. sapiens découvert à Jebel Irhoud (Maroc), on estime par ailleurs que les hommes modernes qui vivaient il y a 160.000 ans connaissaient une longue enfance comparable à la nôtre. Les chercheurs estiment donc globalement que le tournant s’est produit il y a entre 800.000 et 200.000 ans, à un moment où les avantages d’une enfance prolongée, permettant un développement plus important du cerveau, l’ont emporté sur les risques de cette période de fragilité et de dépendance aux adultes et sur les inconvénients d’une reproduction plus tardive.


culture/neolithique/eulau_petit.jpgLes Experts de la préhistoire : analyses ADN d'une famille du Néolithique - par Christophe_Defrance le 19/11/2008 ~ 08:49

Les membres d'une même famille du Néolithique identifiés grâce à leur ADN. C’est en 2005 que plusieurs tombes datant du Néolithique (il y a 4600 ans) ont été mises au jour près d’Eulau (Saxe-Anhalt), en Allemagne. Des adultes y sont enterrés avec un ou plusieurs enfants. Ils portent les marques d’une mort violente : une pointe de flèche a été retrouvée dans les vertèbres d’une femme, une autre a des fractures du crâne. La disposition des corps, placés face à face, bras et mains entrelacés (comme cela a déjà été observé dans d’autres tombes, en Europe et au Moyen-Orient) suggère des liens de parentés.

eulau_3.jpgeulau-2.jpgeulau_4.jpg

Des analyses d’ADN ancien extrait des ossements ont confirmé les liens de parenté que la disposition des corps suggérait, expliquent Wolfang Haak et ses collègues, de l'Australian Centre for Ancient DNA, à Adelaide. Ils ont obtenu des résultats pour deux tombes, les plus probants concernant justement la famille au complet. L’ADN mitochondrial révèle que les enfants (environ 5 et 9 ans) appartiennent à la même lignée que la femme (35-50 ans), tandis que leur chromosome Y correspond à celui de l’homme (40-60 ans). Dans une autre tombe, où une femme est enterrée avec trois enfants, les analyses révèlent que deux enfants ont un lien de parenté avec la femme mais qu’elle n’est pas leur mère. Ce qui corrobore la disposition des corps, les deux enfants n’étant pas placés face à elle. Leurs travaux, publiés dans les PNAS de novembre 2008, apportent la plus ancienne preuve moléculaire de l’existence du noyau familial classique – le père, la mère et les deux enfants. Ces travaux montrent donc que le noyau familial était déjà une structure sociale importante pour cette population européenne du Néolithique. L’analyse de la composition des dents en strontium, qui trahit l’origine géographique des aliments consommés pendant la croissance, a révélé un autre élément important de leurs coutumes : les hommes et les enfants ont grandi au même endroit, là où ils ont été enterrés, alors que les femmes viennent d’ailleurs. Les hommes allaient donc chercher leurs femmes dans d’autres communautés mais la famille était créée sur le lieu de vie du père. Une tradition qui a perduré.

 


culture/feu/feu_petit.jpgDécouverte des plus anciennes traces de maîtrise du feu - par Christophe_Defrance le 31/10/2008 ~ 10:30

La maîtrise du feu remonte à 790000 ans. Des fouilles faites sur le site de Gesher Benot Ya'aqov (vallée Hula dans le nord d'Israël) ont permis de mettre en évidence une maîtrise du feu remontant à 790.000 ans (ce qui correspond à l'Acheuléen). Situé au bord du Jourdain, ce site comprend plusieurs couches superposées de vestiges qui témoignent de l’occupation successive du lieu par douze cultures ou sociétés différentes. La plus ancienne de ces strates remonte à 790 000 ans, bien avant l'apparition des premiers Homo Sapiens.  En 2004, à partir d’indices provenant du même site, l'équipe de l'Université de Jérusalem avait démontré que les populations de cette période étaient capables d’entretenir un feu naturel.

israel_fouille.jpgsilex_israel.jpg

Dans la revue Quaternary Science Reviews (octobre 2008), Nira Alperson-Afil, de l'Université hébraïque de Jérusalem, publie une étude du site démontrant la présence de brisures de silex carbonisés sur l’ensemble des couches sédimentaires. La présence de silex brulés dans les douze couches suggère un usage continu et maîtrisé du feu à l'Acheuléen, même si la méthode employée pour allumer et entretenir les foyers demeure inconnue. Les homininés de cette période en Israël seraient des Homo erectus. Selon la scientifique cette capacité aurait été essentielle pour l'Homme au cours de sa migration de l'Afrique à l’Europe plus froide.


hommesrecents/otzi/otzi_petit.jpgLes Experts de la préhistoire : analyse ADN d'Ötzi - par Christophe_Defrance le 31/10/2008 ~ 09:55

Analyse de l'ADN mitochondrial d'Ötzi. Découvert en 1991 dans le glacier du Similaun (Alpes italiennes) dans un état de conservation exceptionnel, avec ses habits et ses armes, Ötzi est depuis 1998 exposé au musée d’archéologie de Bolzano, en Italie. Il s'agit d'un homme du Néolithique qui vivait il y a un peu plus de 5000 ans. En 2000 la dépouille a été décongelée pour permettre aux chercheurs de prélever du matériel dans ses intestins. C’est à partir de ces échantillons que les chercheurs de l'Université de Caminero, dirigée par Franco Rollo, ont obtenu son ADN mitochondrial.

otzi_experts.jpg

L'ADN mitochondrial est contenu dans la mitochondrie, petit organite cellulaire. Il présente l'intérêt de très peu varier au cours du temps et est transmis par la mère, via le cytoplasme de l'ovocyte. Il est donc utilisé pour retracer des lignées par la filière maternelle, en fonction des similitudes dans les séquences de nucléotides : la population humaine peut ainsi être répartie en plusieurs haplogroupes. En utilisant la même technique de séquençage que celle employée pour le décryptage de l'ADN nucléaire de l'homme de Neandertal, Rollo et son équipe ont séquencé complétement l'ADN mitochondrial d'Ötzi. Les résultats (publiés dans la revue Current Biology) montrent qu'il appartient à l’haplogroupe K, embranchement K1. La lignée K est relativement rare parmi le groupe des européens actuels, mais plus fréquente au sud des Alpes ainsi que dans la région de l’Ötztal. Au sein de ce sous-groupe, tous les Européens actuels se rangent dans trois cases différentes. Or, l'ADN de l'homme des glaces ne correspond à aucune de ces cases : Ötzi appartiendrait donc à une lignée qui s’est éteinte ou qui est trop rare pour avoir été repérée dans la population européenne actuelle. Celui dont les Italiens et les Autrichiens se sont, il y a quelques années, disputé la propriété n’aurait donc pas laissé de descendance, affirment aujourd’hui les chercheurs italiens et britanniques.


hommesrecents/neandertal/wilma-en-une-de-national-geographic_2909_h140.jpgUne néandertalienne reconstituée. - par Christophe_Defrance le 03/10/2008 ~ 17:00

Reconstitution d'une femme de Néandertal. Baptisée Wilma (comme Wilma Pierrafeu), il s'agit de la première reconstitution en taille réelle d'une néandertalienne, grâce à la collaboration de scientifiques et d'artistes pour le Natinal Geographic d'octobre 2008. Ce portrait grandeur nature est basé sur des ossements cannibalisés remontant à - 43000 ans ainsi que sur les dernières connaissances en biologie moléculaire et en anatomie. Sa physionomie a été reconstruite en 2008 par les frères Kennis en reconstituant la musculature d'après le squelette et les marques d'insertions musculaires, de nerfs et même de certaines larges artères qui sont imprimées en négatif dans les os. Ensuite la peau de couleur claire a été reconstituée par comparaison avec des populations actuelles vivant sous des climats aussi froid que celui des périodes glaciaires traversées par les Neandertaliens : ils ont tendance à avoir la peau burinée mais claire, pour profiter au maximum des rayons solaires et de la possibilité de synthétiser la vitamine D. On sait également, grâce à l'analyse de l'ADN de Neandertal, qu'était présente dans cette population la mutation codant la pigmentation qui se traduit par un teint clair et des poils roux. En combinant les deux informations, il est donc légitime de proposer un neandertal à la peau claire. Cette femme est rousse et à des yeux bruns noisettes. Elle n'a pas les yeux bleus, car selon le National Geographic, les dernières recherches en génétique suggèrent que l'iris bleu serait issu d'une mutation apparue il y a seulement 18000 ans, donc longtemps après l'extinction des hommes de Néandertal estimée à - 28000 ans.

wilma3.bmp

Pour voir toutes les photos :  http://ngm.nationalgeographic.com/2008/10/neanderthals/neanderthals-photography 


hommesrecents/neandertal/neander_petit.jpgDes révélations sur le régime alimentaire des hommes de Néandertal - par Christophe_Defrance le 25/09/2008 ~ 09:06
Des mammifères marins au menu des néandertaliens. Dans une étude publiée le 23/09/2008 dans la revue américaine PNAS, une équipe internationale dirigée par C. Stringer, paléontologue au Muséum d'histoire naturelle de Londres montre que les néandertaliens ne se nourrissaient pas exclusivement de proies chassées sur la terre ferme. On savait que les hommes de Neandertal se nourrissaient également de produits de la mer (coquillages, poissons…), la vraie nouveauté, concerne la consommation de phoques et de dauphins.
grottes.jpggibraltar_1.jpg
L'entrée des grottes de Vanguard et de Gorham - Le crâne de l'homme de Gibraltar
La montée du niveau de la mer de plus de 120 mètres après la fin de la dernière période glaciaire, il y a de cela 12 000 ans, a fait disparaître la plupart des traces de vie humaine dans les zones côtières. Dans les deux grottes dénommées Vanguard et Gorham, sur la plage du Gouverneur (côte Est de Gibraltar), les paléontologues ont trouvé des restes d'animaux marins qui auraient été mangés par des néandertaliens. Ces deux sites étaient jusqu'à présent connus pour avoir été occupés par des hommes de Néandertal (la datation au Carbone 14 des restes de charbons carbonisés indique que la grotte étaient fréquentée il y a 28 000 ans). Dans les couches de sédiments correspondant à cette période d'occupation par les néanderthaliens, le Muséum de Londres a identifié des restes d'animaux terrestres (bouquetin, cerf rouge, sanglier, ours et lapin) chassés par ces hommes préhistoriques. Ils y ont aussi découvert des déchets de poissons, de mollusques, mais aussi des os de phoques (en particulier une omoplate) et de dauphins. Les restes de phoque appartenaient notamment à de jeunes animaux, ce qui laisse à penser que les néandertaliens ont très certainement chassé ces animaux à la période du vêlage.
Certains de ces os présentent des signes de rayures, qui traduisent le dépeçage de la viande à l'aide d'outils en pierre (industrie de type Moustérien). Les traces de cuisson sur les os épais indiquent que les hominidés recherchaient également la moelle. Les traces de brûlures sur les coquilles de moules montrent que Néandertal devait les cuire pour qu'elles s'ouvrent plus facilement. «Les habitants des bords de mer faisaient des mélanges entre la viande terrestre et les nourritures marines. C'est tout à leur honneur de gastronomes en culottes courtes !», estime le paléontologue Yves Coppens, qui avoue connaître peu d'histoires de néandertaliens consommateurs de phoques ou de dauphins. On connaissait quelques cas de consommation opportuniste de mammifères marins (animaux échoués sur la côte), mais dans le cas de ces néandertaliens chasseurs de phoques et de dauphins, la démarche est volontaire. Les sites de Gibraltar montrent justement que la chasse d'animaux marins était saisonnière et appartenait au style de vie des néandertaliens qui vivaient sur les côtes. On découvre un homininé capable de diversifier son alimentation et même de "cuisiner"...

hommesrecents/cromagnon/tibia_paglicci.pngSéquençage de l'ADN mitochondrial d'un homme de Cro-Magnon - par Christophe_Defrance le 05/09/2008 ~ 20:26

Séquençage de l’ADN mitochondrial (ADNmt) d’un fossile d’un homme Cro-Magnon. Après deux essais infructueux, une équipe italienne dirigée par Guido Barbujani (Université de Florence) a réussi à séquencer l’ADNmt d’un homme de Cro-Magnon vieux de 28 000 ans : elle a analysé la région hypervariable I de l’ADN mitochondrial d’un spécimen découvert en 2003 dans la grotte de Paglicci, en Italie. L'ADN mitochondrial est une molécule circulaire, distincte de l’ADN du noyau, qui n’est transmise que par la mère, ce qui permet d’explorer le passé d’une lignée évolutive.

ADN_mitochondrial_humain.jpg

ADN mitochondrial humain

Les hommes de Cro-Magnon sont des Homo sapiens  qui ont cohabité pendant quelques millénaires avec l’homme de Neandertal. Plusieurs théories, certaines très fantaisistes, s’affrontent pour expliquer la disparition des Néandertaliens il y a environ 30000 ans. L’une d’elles évoque la possibilité qu’Homo neanderthalensis, à force de croisement avec Homo sapiens, se soit fait « absorbé » dans notre pool génétique. D'autres théories rejettent ce métissage et envisagent une extinction causée par un facteur externe : guerre, maladie, climat … D’après les résultats publiés dans la revue PLoS one (juillet 2008), l’ADNmt de Cro-Magnon est semblable à celui des Homo sapiens actuels mais ne porte aucune trace de gènes ou de séquences ayant pu appartenir à Neandertal. Pour les chercheurs ces données invalident la théorie du métissage et renforcent l’hypothèse d’une extinction liée à un facteur exogène. Les chercheurs possédaient une liste complète des personnes ayant été en contact avec l’échantillon : ils ont donc pu analyser leur ADNmt afin de vérifier une éventuelle « pollution » moderne des séquences du Cro-Magnon. Résultat : les gènes de l’homme de Paglicci diffèrent de ceux de tous les chercheurs ayant eu accès à lui, ce qui exclut donc une contamination récente. Ces gènes se retrouvent cependant dans les populations européennes actuelles, ce qui montre la continuité locale d’Homo sapiens depuis 28.000 ans. Et ils ne se retrouvent pas chez l’homme de Neandertal, ce qui apporte un argument supplémentaire pour l’exclure de nos ancêtres.


hommesrecents/neandertal/adn_neandertal_petit.jpgSéquençage complet de l'ADN mitochondrial d'un Homme de Néandertal - par Christophe_Defrance le 05/09/2008 ~ 07:18
Publication des résultats du séquençage complet de l'ADN mitochondrial d'un Homme de Néandertal. La revue Cell et le magazine Nature ont publié en août 2008 les résultats de l'étude de l'ADN mitochondrial d'un Homo neandertalensis de 38000 ans, découvert en 1980 dans la grotte de Vindija (Croatie). Richard Green de l'institut Max-Planck d'anthropologie évolutive, l'un des coauteurs de cette étude, a réussi ce premier séquençage de la totalité d'un ADN mitochondrial de Néanderthalien. L’ADN mitochondrial est un ADN transmis de mères en filles. Il est plus stable que l’ADN nucléaire contenu dans le noyau car il ne subit quasiment pas de recombinaisons : cette propriété est utilisée en paléoanthropologie pour reconstruire les lignées humaines et dater leur divergence grâce au principe de l’horloge moléculaire (le nombre de mutations de l’ADN est proportionnel au temps).
Les résultats confirment que le dernier ancêtre commun des Hommes de Néandertal et des Hommes modernes (Homo sapiens) aurait vécu il y a 660 000 ans (à 140 000 ans près). Les séquences de l’ADNmt de ce Néandertalien sont trop différentes des nôtres pour traduire une quelconque hybridation, ce qui prouve une évolution indépendante des deux lignées à partir de cet ancêtre commun. Par ailleurs, les scientifiques ont remarqué que certaines mutations préjudiciables étaient relativement conservées dans cet ADN, ce qui suggère un faible brassage génétique : ils estiment qu' il y a 40 000 ans (soit 10 000 ans avant leur disparition), les populations de Néandertaliens étaient déjà sur le déclin (quelques centaines d’individus seulement en Europe).
michael_egholm-svante_paabo-ralf_schmitz.jpg
Michael Egholm, Svante Pääbo et Ralf Schmitz
Le chercheur allemand Svante Pääbo, de l’Institut Max Planck, a commencé son œuvre de déchiffrage il y a plus de dix ans avec la première analyse de l’ADN mitochondrial de Néandertalien, publiée en 1997. Au printemps dernier il annonçait avoir isolé de l’ADN nucléaire, contenu dans le noyau de la cellule et non pas dans la mitochondrie. L’ADN nucléaire fournit beaucoup plus d’informations mais il se dégrade plus facilement avec le temps et il est contaminé par l’ADN de bactéries ou de champignons. Le travail d’identification des séquences néandertaliennes est donc complexe. L’équipe de Svante Pääbo a déchiffré une séquence d'environ un million nucléotides de l’homme de Neandertal, grâce une nouvelle technique appelée le pyroséquençage (pyrosequencing), qui permet d’analyser les séquences d’ADN sans les amplifier. L’équipe d’Edward Rubin, qui a travaillé avec le même matériel en partenariat avec Pääbo, a utilisé une autre méthode et a identifié 65.000 paires de bases. Les deux analyses parviennent à des conclusions très proches sur la chronologie. Pour l’équipe de Pääbo Homo sapiens et Homo neanderthalensis ont divergé il y a environ 500.000 ans, tandis que l’équipe de Rubin conclut que les deux espèces ont partagé un ancêtre commun il y a 700.000 ans et qu’elles se sont séparées il y a 370.000 ans. La différence entre les deux génomes serait inférieure à 0,5%. Rubin et ses collègues n’ont pas trouvé de traces d’un croisement entre l’homme moderne et l’homme de Neandertal. Pääbo n’exclut pas que des gènes de l’homme moderne soient passés aux Néandertaliens. A moins que ce ne soit l’effet d’une contamination de l’échantillon par de l’ADN humain actuel.
Il faudra donc réunir davantage de séquences de l’ADN néandertalien pour répondre aux nombreuses questions qui se posent encore. Pääbo et ses collègues espèrent publier une séquence complète de l’ADN nucléaire de ce spécimen d’Homme de Neandertal (soit 3 milliards de paires de bases contre 16 569 pour l’ADNm) d’ici deux ans.

DébutPrécédent [ 1 2 3 4 5 6 7 8 ] SuivantFin