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hommesrecents/cromagnon/tibia_paglicci.pngSéquençage de l'ADN mitochondrial d'un homme de Cro-Magnon - par Christophe_Defrance le 05/09/2008 ~ 20:26

Séquençage de l’ADN mitochondrial (ADNmt) d’un fossile d’un homme Cro-Magnon. Après deux essais infructueux, une équipe italienne dirigée par Guido Barbujani (Université de Florence) a réussi à séquencer l’ADNmt d’un homme de Cro-Magnon vieux de 28 000 ans : elle a analysé la région hypervariable I de l’ADN mitochondrial d’un spécimen découvert en 2003 dans la grotte de Paglicci, en Italie. L'ADN mitochondrial est une molécule circulaire, distincte de l’ADN du noyau, qui n’est transmise que par la mère, ce qui permet d’explorer le passé d’une lignée évolutive.

ADN_mitochondrial_humain.jpg

ADN mitochondrial humain

Les hommes de Cro-Magnon sont des Homo sapiens  qui ont cohabité pendant quelques millénaires avec l’homme de Neandertal. Plusieurs théories, certaines très fantaisistes, s’affrontent pour expliquer la disparition des Néandertaliens il y a environ 30000 ans. L’une d’elles évoque la possibilité qu’Homo neanderthalensis, à force de croisement avec Homo sapiens, se soit fait « absorbé » dans notre pool génétique. D'autres théories rejettent ce métissage et envisagent une extinction causée par un facteur externe : guerre, maladie, climat … D’après les résultats publiés dans la revue PLoS one (juillet 2008), l’ADNmt de Cro-Magnon est semblable à celui des Homo sapiens actuels mais ne porte aucune trace de gènes ou de séquences ayant pu appartenir à Neandertal. Pour les chercheurs ces données invalident la théorie du métissage et renforcent l’hypothèse d’une extinction liée à un facteur exogène. Les chercheurs possédaient une liste complète des personnes ayant été en contact avec l’échantillon : ils ont donc pu analyser leur ADNmt afin de vérifier une éventuelle « pollution » moderne des séquences du Cro-Magnon. Résultat : les gènes de l’homme de Paglicci diffèrent de ceux de tous les chercheurs ayant eu accès à lui, ce qui exclut donc une contamination récente. Ces gènes se retrouvent cependant dans les populations européennes actuelles, ce qui montre la continuité locale d’Homo sapiens depuis 28.000 ans. Et ils ne se retrouvent pas chez l’homme de Neandertal, ce qui apporte un argument supplémentaire pour l’exclure de nos ancêtres.