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hommesrecents/otzi/otzi_petit.jpgLes Experts de la préhistoire : analyse ADN d'Ötzi - par Christophe_Defrance le 31/10/2008 ~ 09:55

Analyse de l'ADN mitochondrial d'Ötzi. Découvert en 1991 dans le glacier du Similaun (Alpes italiennes) dans un état de conservation exceptionnel, avec ses habits et ses armes, Ötzi est depuis 1998 exposé au musée d’archéologie de Bolzano, en Italie. Il s'agit d'un homme du Néolithique qui vivait il y a un peu plus de 5000 ans. En 2000 la dépouille a été décongelée pour permettre aux chercheurs de prélever du matériel dans ses intestins. C’est à partir de ces échantillons que les chercheurs de l'Université de Caminero, dirigée par Franco Rollo, ont obtenu son ADN mitochondrial.

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L'ADN mitochondrial est contenu dans la mitochondrie, petit organite cellulaire. Il présente l'intérêt de très peu varier au cours du temps et est transmis par la mère, via le cytoplasme de l'ovocyte. Il est donc utilisé pour retracer des lignées par la filière maternelle, en fonction des similitudes dans les séquences de nucléotides : la population humaine peut ainsi être répartie en plusieurs haplogroupes. En utilisant la même technique de séquençage que celle employée pour le décryptage de l'ADN nucléaire de l'homme de Neandertal, Rollo et son équipe ont séquencé complétement l'ADN mitochondrial d'Ötzi. Les résultats (publiés dans la revue Current Biology) montrent qu'il appartient à l’haplogroupe K, embranchement K1. La lignée K est relativement rare parmi le groupe des européens actuels, mais plus fréquente au sud des Alpes ainsi que dans la région de l’Ötztal. Au sein de ce sous-groupe, tous les Européens actuels se rangent dans trois cases différentes. Or, l'ADN de l'homme des glaces ne correspond à aucune de ces cases : Ötzi appartiendrait donc à une lignée qui s’est éteinte ou qui est trop rare pour avoir été repérée dans la population européenne actuelle. Celui dont les Italiens et les Autrichiens se sont, il y a quelques années, disputé la propriété n’aurait donc pas laissé de descendance, affirment aujourd’hui les chercheurs italiens et britanniques.