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culture/neolithique/eulau_petit.jpgLes Experts de la préhistoire : analyses ADN d'une famille du Néolithique - par Christophe_Defrance le 19/11/2008 ~ 08:49

Les membres d'une même famille du Néolithique identifiés grâce à leur ADN. C’est en 2005 que plusieurs tombes datant du Néolithique (il y a 4600 ans) ont été mises au jour près d’Eulau (Saxe-Anhalt), en Allemagne. Des adultes y sont enterrés avec un ou plusieurs enfants. Ils portent les marques d’une mort violente : une pointe de flèche a été retrouvée dans les vertèbres d’une femme, une autre a des fractures du crâne. La disposition des corps, placés face à face, bras et mains entrelacés (comme cela a déjà été observé dans d’autres tombes, en Europe et au Moyen-Orient) suggère des liens de parentés.

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Des analyses d’ADN ancien extrait des ossements ont confirmé les liens de parenté que la disposition des corps suggérait, expliquent Wolfang Haak et ses collègues, de l'Australian Centre for Ancient DNA, à Adelaide. Ils ont obtenu des résultats pour deux tombes, les plus probants concernant justement la famille au complet. L’ADN mitochondrial révèle que les enfants (environ 5 et 9 ans) appartiennent à la même lignée que la femme (35-50 ans), tandis que leur chromosome Y correspond à celui de l’homme (40-60 ans). Dans une autre tombe, où une femme est enterrée avec trois enfants, les analyses révèlent que deux enfants ont un lien de parenté avec la femme mais qu’elle n’est pas leur mère. Ce qui corrobore la disposition des corps, les deux enfants n’étant pas placés face à elle. Leurs travaux, publiés dans les PNAS de novembre 2008, apportent la plus ancienne preuve moléculaire de l’existence du noyau familial classique – le père, la mère et les deux enfants. Ces travaux montrent donc que le noyau familial était déjà une structure sociale importante pour cette population européenne du Néolithique. L’analyse de la composition des dents en strontium, qui trahit l’origine géographique des aliments consommés pendant la croissance, a révélé un autre élément important de leurs coutumes : les hommes et les enfants ont grandi au même endroit, là où ils ont été enterrés, alors que les femmes viennent d’ailleurs. Les hommes allaient donc chercher leurs femmes dans d’autres communautés mais la famille était créée sur le lieu de vie du père. Une tradition qui a perduré.