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australo/laetoli/empreintes_petit.jpgLes Experts de la Préhistoire : nouvelle analyse des pas de Laetoli - par Christophe_Defrance le 01/04/2010 ~ 18:26
Reconstitution de la marche correspondant aux empreintes de pas de Laetoli. Une équipe dirigée par David Raichlen, du département d'Anthropologie de l'Université de l'Arizona, vient de publier dans Plos One, un journal scientifique américain, les résultats de ses travaux sur les traces de Laetoli. Découverte en 1978 et 1979, cette série de traces de plusieurs mètres correspond à un couple de bipèdes qui ont avancé côte à côte et dont les pas ont été "imprimés" dans des cendres volcaniques il y a 3.6 millions d'années. Ce sont donc les plus anciennes traces directes de bipédie d'un homininé. Ces pas, attribués à l'espèce Australopithecus afarensis, qui était à l'époque la seule espèce connue dans la région, présentent des caractères indiquant une forme de bipédie mais également un mode de vie arboricole (comme les doigts courbés). Cette espèce marchait-elle redressée avec de grandes enjambées comme l'homme moderne, ou recourbée, les jambes fléchies, comme certains grands singes ? Pour retrouver le type de marche pratiquée, les scientifiques ont conçu une voie recouverte de sable avec un système de capture photographique des mouvements de la marche. Les sujets qui marchaient sur la piste étaient filmés et sont passés à plusieurs reprises sur la piste en adoptant différentes postures allant de la bipédie actuelle de l'homme moderne à celle des chimpanzés, et les empreintes laissées lors de ces essais ont été reconstituées en trois dimensions et comparées à celles de Laetoli.
 
laetoli_empreintes_3D.jpg

Les empreintes laissées par un homme ayant une marche normale (A), une marche de type chimpanzé (B) et celles de Laetoli

Les chercheurs ont mesuré la profondeur des empreintes à l'avant et à l'arrière du pied : ils ont constaté que les profondeurs sont à peu près égales lorsqu'elles sont effectuées par une personne marchant avec une allure droite mais sont différentes en cas de marche accroupie, l'impression de l'orteil étant alors beaucoup plus profonde que l'impression du talon. Les empreintes de Laetoli montrent une profondeur équivalente de l'avant du pied jusqu'au talon, comme les hommes modernes. Cette étude montre donc qu'à une époque où les homininés pratiquaient encore un mode de vie largement arboricole, ils avaient déjà développé une bipédie très efficace, proche de celle de l'homme moderne, avec un coût énergétique réduit.