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hommesrecents/neandertal/n_petit.jpgDes gènes de Néandertal chez les sapiens ! - par Christophe_Defrance le 09/05/2010 ~ 12:45
Les Experts de la Préhistoire : une partie de notre génome provient de Néandertal. Richard E. Green (Université de Californie) - qui travaille actuellement au Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology de Leipzig (Allemagne) dans le cadre du projet de déchiffrage du génome de l'Homme de Neandertal dirigé par Svante Pääbo - vient de publier, dans la revue Science du 7 mai 2010, une étude qui montre qu'une infime partie du génome humain provient de celui des Néandertaliens. L'étude porte sur l'ADN nucléaire extrait des ossements de trois Néandertaliens différents découverts dans la grotte de Vindija en Croatie, datés entre - 38 000 et - 44 000 ans. Après quatre ans de travail, Svante Pääbo et ses collègues disposent désormais d’environ 60% de la séquence génétique d’Homo neandertalensis, soit plus de 4 milliards de nucléotides. Les séquences d'ADN obtenues ont ensuite été comparées avec celles de 5 populations d'hommes modernes vivant dans des endroits différents dans le monde (Europe, Chine, Papouasie Nouvelle-Guinée, Afrique du Sud et Afrique de l'Ouest).

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La comparaison des ADN montre que les génomes des non-africains sont beaucoup plus proches de celui des Néandertaliens que ceux des africains :1 à 4 % du génome humain actuel pourrait provenir des néandertaliens mais n'est absolument pas présent chez les africains. Pour R. Green, «nous pouvons maintenant dire que, selon toute probabilité, il y eu un flux de gènes de Néandertal à l'homme moderne». Par comparaison de l'ADN de Néandertal et de Homo sapiens, Green et ses collègues estiment que les 2 populations ancestrales se sont séparés entre -270.000 et -440.000 ans. Le fait que seuls les européens et les asiatiques actuels possèdent ce capital génétique neandertalien indique que les croisements entre sapiens et Néandertaliens ont du avoir lieu juste après la sortie des Homo sapiens d'Afrique pour conquérir l'Eurasie, soit selon les chercheurs il y a approximativement 100 000 ans, probablement au Moyen-Orient.
 
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Les chercheurs recherchent également des gènes qui auraient permis à l’homme moderne de prospérer, tandis que Neandertal s’est éteint. Pour cela ils identifient des régions du génome qui ont rapidement évolué chez l’homme moderne mais pas chez Neandertal. Ils en ont isolé 212, dont 20 qui ont subi une sélection très forte. Parmi ces gènes qui auraient conféré un avantage à l’homme moderne au cours de l’évolution, plusieurs concernent la cognition (apprentissage, relations aux autres…), le développement du cerveau, de la peau, des os et le métabolisme.