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hommesrecents/denisova/deniso-pt.jpgNouvelles analyses de l'ADN de l'Homme de Denisova - par Christophe_Defrance le 29/12/2010 ~ 11:03
Du nouveau sur les parentés de l'Homme de Denisova. En mars 2010 des chercheurs de l'Institut Max Planck de Leipzig (Allemagne) avaient analysé de l'ADN contenu dans l'os d’une phalange d'Homininé, découverte avec une dent dans la grotte de Denisova (sud de la Sibérie). Cet ADN se différenciait de celui des Néandertaliens et des Homo sapiens, ce qui avait amené à définir une nouvelle espèce : l'Homme de Denisova. La revue Nature du 23 décembre 2010 publie les résultats d'une équipe internationale de scientifiques - dont quelques-uns qui avaient déjà participé à la première publication : Svante Paabo (Institut Max Planck) et Richard Green (Université de Californie), entre autres - qui apportent de nouvelles précisions sur ces Homininés archaïques appartenant à la population des Denisoviens.
La phalange et la dent de l'Homme de Denisova montrent des différences morphologiques significatives avec celles de l'homme de Néandertal et d'Homo sapiens : en particulier, la dent, découverte dans la même grotte que l'os de doigt, ressemble davantage à celles d'Homo habilis et Homo erectus qu'à celle des Homininés plus récents. Ces deux restes fossiles appartiennent à deux individus de sexe féminin différents mais de la même espèce.

 
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La molaire de l'Homme de Denisova (profil et couronne) - Photo : David Reich et al., Nature

 
Le séquençage du génome de l'Homme de Denisova a permis de nouvelles découvertes surprenantes. En le comparant avec les génomes des Néandertaliens et des hommes modernes, les chercheurs ont déterminé que l'Homme de Denisova appartenait à un groupe frère de l'homme de Néandertal. Néandertaliens et Denisoviens descendraient donc d'une même population ancestrale qui se serait elle-même séparée plus tôt des ancêtres des hommes actuels. Les séquences d'ADN montrent des similitudes avec certains Mélanésiens actuels (entre 4 et 6%), ce qui suggère qu'il y a eu métissage entre Dénisoviens et les ancêtres des Mélanésiens. Le territoire de l'Homme de Denisova serait donc plus étendu et devait aller de la Sibérie au sud de l'Asie. Cette grande amplitude territoriale aurait dû permettre de trouver un plus grand nombres de fossiles de Denisoviens. Comme il n'en est rien les chercheurs suggèrent d'examiner plus attentivement les fossiles déjà trouvés dans cette région. Il est possible que des fossiles aient été mal affectés et soient en fait des Hommes de Denisova (comme l'Homme de Dali, découvert en Chine et daté de - 200 000 ans ?).
 
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Ces résultats permettent d'envisager un autre type de migration hors d'Afrique : Il y a 300 000 à 400 000 ans un groupe d'homininés ancestraux aurait quitté l'Afrique et aurait divergé assez rapidement en deux populations : une qui deviendra l'Homme de Néandertal et colonisera l'Europe vers l'ouest, l'autre qui migrera vers l'Est et deviendra l'Homme de Denisova. Par la suite (entre -70 000 et - 80 000 ans), Homo sapiens sort à son tour d'Afrique. Il va d'abord rencontrer les Néandertaliens avant de conquérir l’Europe (voir la nouvelle concernat le métissage sapiens / néandertalien) puis en se développant vers l'Est il va également se métisser avec l'Homme de Denisova.