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australo/sediba/sediba_vignette.jpgDu nouveau sur Australopithecus sediba - par Christophe_Defrance le 05/05/2013 ~ 10:50
Nouvelles publications sur Australopithecus sediba. La revue Science a publié dans son numéro du 6 avril 2013 six articles présentant les résultats des études menées par une équipe internationale de scientifiques de l'ESI (Evolutionary Studies Institute), de l'université de  Witwatersrand (Wits) en collaboration avec une quinzaine d'autres institutions. Leurs travaux portent sur les restes d'Australopithecus sediba, découverts sur le site de Malapa, situé au nord-ouest de Johannesburg (Afrique du Sud), qui a livré plus de 220 ossements appartenant à 5 individus différents, dont des restes de bébés, d’adolescents et d’adultes. Les nouvelles analyses ont été menées sur les fossiles de deux d’entre eux (MH1 et MH2) dont l’âge est estimé entre - 1.977  et -1,980 million d’années.

 
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Le sacrum d'Australopithecus sediba

C’est la première étude à analyser des éléments de la région cervicale, thoracique, lombaire et sacrée de la colonne vertébrale de cet hominidé.  Elle  révèle que si Australopithecus sediba possédait  une courbure lombaire de type humain, elle était fonctionnellement plus longue et plus souple que celle de l'homme moderne. "Ils marchaient probablement d'une manière que nous pourrions trouver étrange –, une forme de compromis de bipédie montrant que cet hominidé devait encore en partie grimper aux arbres, explique le Dr Williams de l'Université de New York.


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Reconstitution de la partie supérieure du corps d'Australopithecus sediba - Côtes

Le fossile de la femelle adulte est le premier squelette d’un hominidé présentant une région thoracique terminale intacte, ce qui fournit des informations essentielles sur les transitions au niveau des disques intervertébraux et, par là-même, sur la mobilité lombaire. Sa colonne vertébrale  avait probablement le même nombre de vertèbres que la notre, mais différait toutefois sur un point précis de sa configuration : la transition entre les faces articulaires intervertébrales se situait plus haut dans la colonne vertébrale qu’elle ne l’est normalement chez un homme moderne.  Associé à d’autres caractéristiques, une région lombaire fonctionnellement plus longue permet une souplesse plus importante de la colonne vertébrale chez Australopithecus sediba, par rapport à celle de l'homme moderne.
En outre, les indicateurs morphologiques de forte courbure lombaire suggèrent qu’Australopithecus sediba a évolué sur ce point par rapport à
Australopithecus africanus
qui vivait il y a 3,03 et 2,04 millions d'années, et est donc plus proche du squelette de l'Homo erectus de Nariokotome.
«Par-dessus tous, les fossiles fournissent un éclairage sans précédent sur l'anatomie et la position phylogénétique d’un tout premier ancêtre de l'homme moderne", a déclaré le professeur Lee Berger, chef de projet au Wits Evolutionary Studies Institute. Cet examen d’un grand nombre d’éléments associés, souvent complets et non déformés, nous donne l’aperçu d’une espèce d'Hominindés dont l’anatomie paraît une mosaïque, et qui présente une série de complexes fonctionnels qui sont différents de ce qu’on pouvait prévoir à la fois pour les autres australopithèques, et pour les premiers Homo.
la-machoire-inferieure-de-la-jeune-femelle-australopithecus-sediba_58925_w460.jpgdentition-du-jeune-male-australopithecus-sediba_58926_w460.jpg
La mâchoire inférieure de la jeune femelle et la dentition du jeune mâle

Une autre partie de l'étude a porté sur la mâchoire et les dents d'Australopithecus sediba : la comparaison avec les autres espèces d'australopithèques et les différents formes du genre Homo laissent apparaître un grand nombre de similitudes avec Homo et traduisent donc une grande proximité entre les deux formes.
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