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hommes/georgicus/dmanisi_petit.jpgNouvelles découvertes à Dmanisi - par Christophe_Defrance le 19/10/2013 ~ 11:45
Remise en question des différentes espèces d'Homo ? Après huit années d'étude, la publication des travaux (Science du 18 octobre 2103, vol. 342) de l'équipe internationale de scientifiques dirigée par David Lordkipanidze, un paleoanthropologiste du Georgian National Museum de Tbilisi (Georgie) sur la découverte d'un crâne complet âgé de 1,8 million d'années près de Dmanisi, soulève la possibilité que les différentes espèces d'Homo, H. habilis, H. erectus, et H. rudolfensis ne seraient pas distinctes, mais ne représenteraient que des variations au sein d'une seule et même grande espèce.

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Le crâne D4500

Ce nouveau crâne est bien préservé et présente une combinaison de caractéristiques qui n'avaient pas encore été observées ensemble sur un même fossile d'Homo ancien : une faible capacité crânienne de 546 cm3 (similaire à celle d'Homo habilis), une face allongée semblable à celle des Homo erectus récents, un bourrelet sus-orbital et de larges dents aux proportions voisines de celles d'Homo rudolfensis

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Skull 5 : association du crâne D4500 et de sa mandibule D2600

Le site de Dmanisi avait déjà livré, cinq ans auparavant, la mâchoire correspondant à ce crâne. Ses caractéristiques indiquent qu'il s'agirait d'un mâle. Elle avait été attribuée à l'espèce Homo georgicus. Son âge (-1.8 Ma) en fait le plus ancien Homininé découvert en dehors du continent africain.
Toujours sur le même site,  quatre autres crânes appartenant à des individus différents, ainsi que divers fossiles animaux et végétaux, et quelques outils de pierre ont également été mis à jour. Le fait que ces différents fossiles se trouvent tous au même endroit et datent de la même période a permis de comparer les traits physiques de plusieurs Homininés qui ont coexisté.


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Les cinq crânes découverts à Dmanisi


Les résultats de la comparaison des différents individus de Dmanisi entre eux et avec d'autres fossiles d'homininés africains (remontant à 2,4 millions d'années) ou découverts en Asie ou en Europe (âgés de 1,8 à 1,2 million d'années) soulèvent des controverses parmi la communauté scientifique. Pour les auteurs de la découverte, la combinaison des caractéristiques observées sur le crâne laisse supposer que toutes les espèces décrites précédemment ne seraient en fait que des représentants d'une seule et même espèce et que les différences constatées ne seraient que le résultat de la variabilité individuelle. On observe de telles différences morphologiques parmi les groupes d'humains ou de chimpanzés actuels.
D'autres, comme Bernard Wood, professeur à l'Université George Washington, sont plus sceptiques et remettent en question la méthode retenue par les auteurs en affirmant qu'elle ne prend pas en compte d'autres différences importantes entre les spécimens, entre autres les mandibules. Pour lui, il s'agirait d'une nouvelle espèce d'Homininés.


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